Portage salarial : combien reste-t-il vraiment en net sur votre chiffre d’affaires ?
Fixer un TJM, c’est une chose. Savoir ce qu’il en restera sur le compte en banque en fin de mois, c’en est une autre. Pour les consultants en portage salarial, la conversion du chiffre d’affaires en salaire net suit une mécanique précise, souvent méconnue, qui implique plusieurs niveaux de déduction successifs. Comprendre ce calcul permet d’éviter les mauvaises surprises et de mieux piloter son activité.
Du CA au salaire net : trois étapes incontournables
Le salaire en portage salarial ne se calcule pas comme un salaire classique. Tout part du chiffre d’affaires hors taxe facturé au client. La société de portage prélève d’abord ses frais de gestion, généralement compris entre 5 et 15 % du CA mensuel selon les prestataires et les volumes traités. Sur ce qui reste, les cotisations sociales (patronales et salariales, environ 40 à 45 %) viennent ensuite réduire la base. Le prélèvement à la source s’applique enfin sur le net obtenu.
Pour illustrer : un consultant facturant 600 € par jour sur 18 jours dégage un CA de 10 800 €. Après 8 % de frais de gestion (864 €) et environ 42 % de cotisations sociales sur le brut restant, le salaire net avoisine 5 763 €, soit environ 53 % du CA HT de départ. Ce ratio varie selon les frais négociés et le taux de cotisation, mais la fourchette habituelle se situe entre 48 % et 65 % du CA facturé.
Deux points d’écart sur les frais de gestion représentent environ 200 € par mois sur un CA de 10 000 €, un écart qui se ressent sur la durée.
Un statut hybride avec des garanties concrètes
Si le passage par une société de portage a un coût réel, il ouvre des droits que le statut de micro-entrepreneur ne permet pas d’atteindre : assurance maladie, retraite complémentaire Agirc-Arrco, droits à l’assurance chômage, mutuelle d’entreprise prise en charge à 50 %, et des bulletins de salaire reconnus par les établissements bancaires pour un éventuel crédit immobilier. La gestion administrative (facturation, déclarations, cotisations) est entièrement déléguée à la société de portage, ce qui libère du temps pour l’essentiel : les missions.
Le cadre est aussi balisé par la convention collective nationale du portage salarial (IDCC 3219). Elle impose un salaire minimum brut mensuel : 2 288 € pour un profil junior, 2 451 € pour un profil senior, et 2 778 € pour les consultants au forfait jour (données 2025). Ces planchers évoluent chaque année avec le plafond de la Sécurité sociale, ce qui impose de vérifier les montants à jour.
Côté profil, le salarié porté type est aujourd’hui âgé de 45 ans en moyenne, travaille hors Île-de-France dans 57 % des cas et signe majoritairement un CDI (67 % des contrats). Les secteurs IT restent dominants, mais les expertises en marketing, RH et management de transition gagnent du terrain. Selon le dernier rapport de branche PEPS (2025, données 2022), le secteur comptait 43 127 salariés portés pour un chiffre d’affaires de 2,05 milliards d’euros, avec des projections supérieures à 3 milliards d’euros pour 2026.
Le portage salarial répond à un besoin réel : exercer en indépendant sans renoncer à une protection sociale digne de ce nom. La clé reste de simuler son propre cas avec les taux réels pratiqués, avant de s’engager.

