Arrêt maladie en portage salarial : ce que couvrent vraiment vos indemnités journalières

Arrêt maladie en portage salarial : ce que couvrent vraiment vos indemnités journalières

Le portage salarial séduit chaque année davantage de consultants et de freelances, en partie pour la protection sociale qu’il procure. Mais que se passe-t-il concrètement en cas d’arrêt maladie ? Entre les indemnités journalières de la Sécurité sociale, le complément employeur et la prévoyance obligatoire, le mécanisme comporte plusieurs couches qu’il vaut mieux connaître avant d’en avoir besoin.

Un statut de salarié qui change tout face à la maladie

Contrairement à l’auto-entrepreneur ou au dirigeant de SASU rémunéré uniquement en dividendes, le salarié porté bénéficie d’un CDI conclu avec sa société de portage. Ce contrat lui ouvre les mêmes droits qu’un salarié classique dès le premier jour d’arrêt prescrit par un médecin. Un auto-entrepreneur percevant 5 000 € par mois peut perdre plus de 3 000 € sur trente jours d’immobilisation, faute de complément employeur. Le salarié porté, dans les mêmes conditions, s’approche d’une couverture totale.

La convention collective de branche (IDCC 3219), étendue en 2017, rend la prévoyance collective obligatoire pour toutes les entreprises du secteur. Elle couvre l’incapacité de travail, l’invalidité et le décès. Pour les arrêts prolongés, au-delà d’une franchise généralement fixée à 90 jours, ce filet s’active et peut porter la couverture jusqu’à 100 % du salaire selon le contrat souscrit.

Pour estimer précisément sa situation personnelle, il est utile d’effectuer une simulation portage salarial en renseignant son salaire mensuel et la durée d’arrêt envisagée. Les résultats varient sensiblement selon le niveau de rémunération et les clauses prévues dans le contrat de portage. 

Comment se calcule l’indemnité journalière ?

Le calcul repose sur trois niveaux distincts. La CPAM verse d’abord 50 % du salaire journalier de base, obtenu en divisant le salaire brut mensuel moyen par 30,42. Ce montant est plafonné : l’indemnité maximale tourne autour de 65 € par jour en 2026. Les trois premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés par la Sécu (délai de carence), mais certaines sociétés de portage proposent contractuellement de couvrir ce trou.

Pour ouvrir ses droits, le salarié porté doit justifier d’au moins 150 heures travaillées au cours des trois mois civils précédant l’arrêt (ou 600 heures sur les douze mois pour un arrêt supérieur à six mois). Ce point mérite attention : avec une moyenne sectorielle de 714 heures travaillées par an, un porté à faible volume d’activité peut se retrouver sous le seuil.

La deuxième couche est le complément employeur. La plupart des sociétés de portage maintiennent le salaire à 90 % sur une première période, puis à 66 %, selon l’ancienneté et les modalités contractuelles. Sur la base d’un salaire mensuel de 5 000 €, cela représente environ 150 € par jour, pour 27 jours indemnisés sur 30 (hors carence) : soit environ 4 050 €, correspondant à 81 % du salaire habituel.

Les démarches à ne pas négliger

L’arrêt de travail délivré par le médecin comprend trois volets. Les deux premiers doivent être transmis à la CPAM dans les 48 heures suivant la délivrance, par courrier ou via ameli.fr. Au-delà de ce délai, la caisse peut refuser le versement des indemnités. Le troisième volet est à adresser sans attendre à la société de portage, qui établit l’attestation de salaire nécessaire et peut gérer la subrogation directe avec la CPAM.

Un point de vigilance pratique : changer de société de portage en cours d’arrêt maladie expose à des blocages administratifs. Mieux vaut attendre la reprise effective de l’activité avant d’entamer cette démarche.

Le portage salarial ne garantit pas une indemnisation automatique et uniforme : tout dépend du niveau de rémunération, du volume d’heures travaillées et des clauses spécifiques du contrat. Mais pour un consultant qui facture régulièrement, la protection est structurellement bien supérieure à celle des statuts non-salariés, et sans démarche de souscription individuelle supplémentaire.

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