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Penelope Fillon ou L’effet papillon

par Michel Le Net, Président honoraire du Cercle d’éthique des affaires (CEA)



Voila une application de la théorie du chaos appliquée au monde politique. Une erreur d’appréciation des conséquences d’un fait à l’origine plutôt banal laisse présager des effets insoupçonnés par leur amplitude. Comme le battement d’ailes d’un papillon peut engendrer une tornade au loin.
Suivant l’adage, possible faute avouée est déjà pardonnée. La hantise du combat entre l’émotion et la raison, toujours gagné par la première, est constamment présente à l’esprit de tout homme politique. Ainsi, dès les premiers signes de « l’affaire », il eut suffit à François Fillon de reconnaître qu’il est parfaitement légitime pour l’opinion publique d’être au clair sur les comportements publics de ses hauts dirigeants.
Plus encore, il put s’en réjouir, reprenant à son compte la prudence de Cocteau dans Les Mariés de la Tour Eiffel : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ». Parfait serviteur de l’État, donc applicateur zélé du principe de transparence qui lui est attaché, il lui suffisait de laisser la commission d’enquête faire son travail, assurant que si quelques faiblesses parfaitement inconscientes étaient décelées dans sa conduite d’élu, sans aucune réserve, il se rallierait aux décisions prises. La question portant pour l’essentiel sur des rémunérations contestées, bien évidemment il rembourserait les montants indus. Tout en s’engageant à être plus vigilant demain. Et nos concitoyens, sensibles à tant de loyauté, enterreraient l’affaire et porteraient leur attention sur d’autres sujets. Il n’est pas trop tard pour s’engager ainsi dans la voie attendue. En son temps, Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) sut reconnaitre ses erreurs dans son écriture du monde. Cela lui valut la notoriété qu’on lui connait aujourd’hui.
Au lieu de cela, nous avons eu droit à ce qui devrait devenir un cas d’école en matière de malfaire dans les centres de formation politique. Un dédain affirmé pour ceux qui s’étonnent (nos compatriotes, qui s’occupent de ce qui ne les regarde pas). La mise en cause immédiate de malfaisants (qui sont-ils ?) voués par principe aux gémonies. La théorie du complot, omniprésente dans le milieu politique pour justifier l’exécrable. Le moment où intervient la contestation (ce n’est pas le sujet). Bien naïvement, pourrait-on aussi penser, pourquoi ne pas avancer l’intervention désabusée d’un de nos semblables, tel un lanceur d’alerte, blessé par quelque dérive financière condamnable. La liste est bien longue, mais arrêtons là la mise en cause des obscurs par qui le mal arrive. Demain, un conflit majeur entre les maîtres du monde demandera que l’on prenne position sur le que faire. Le président devra s’élever jusqu’aux aux cimes du pouvoir, et faire jeu égal avec les plus durs de ses partenaires. Est-il bien préparé à la confrontation ? L’habit propre à la fonction peut-il par ce fait révéler des compétences encore insoupçonnées ? L’actuelle expérience du pouvoir ne penche pas en faveur de cette option. Mais qui sait ?
Tout cela fait désordre. Mélange de privilèges qui perdurent comme la misère dans le monde, malgré leur prise de conscience et leur réduction après la nuit du 4 août 1789. Un népotisme que condamnent des États parmi les plus brillants par leur saine gestion, tel notre voisin allemand dont un représentant nous jugeait récemment, comme tant d’autres, toujours au rang des républiques bananières… Cette façon de faire est proche du cumul des mandats, heureusement aboli, par la faveur injustifiée accordée aux siens au détriment d’autres salariés en manque d’emploi. On peut penser que la rémunération d’un grand élu peut lui suffire pour les besoins d’une famille aisée. Par ailleurs, quelle épouse ne se livre-t-elle pas chaque jour bénévolement à la promotion de son époux bien-aimé… C’est par de telles injustices, criantes et répétées, mais ignorées par ceux qui doivent « montrer l’exemple » qu’un pays s’abaisse. Verra-t-on encore demain, comme on l’a tant constaté, des ministres prendre à leur coté femmes et membres de leur sang pour vaquer aux tâches administratives ? De même qu’un Président prend comme ministre la mère de ses enfants ? Ou bien n’applique pas la loi qui interdit à un membre du gouvernement d’être président de région ? Pas demain, mais aujourd’hui ces dérives doivent cesser. Sinon l’opinion publique, cette entité nouvelle dans son réel pouvoir à corriger les fautes, et nous venons de le voir sur un autre sujet majeur, aura tôt fait d’exclure à nouveau les plus hauts dirigeants, ou de les condamner sévèrement. Sur cet aspect, la lucidité populaire est surprenante. Plutarque, penseur grec de la Rome antique il y a deux mille ans avance : « La foule perce à jour même ce qui semble enfoui très profondément chez les hommes politiques, leurs caractères, leurs intentions, leurs actions et leurs vies, et ce n’est pas moins pour ses habitudes privées que publiques qu’elle aimera et admirera l’un, comme elle repoussera et dédaignera l’autre. »
L’affaire du moment, quelle que soit son échéance, aura deux conséquences. La première de faire un bond vers plus d’éthique politique. On voit mal en effet que la prochaine mandature n’assainisse pas nos mœurs à cet endroit. Aussi la confirmation du pouvoir croissant de l’opinion publique, en lieu et place de celui des représentants qu’elle a élus. Ce pouvoir s’appelle aussi le bon sens. Mais ce pouvoir a sa contrepartie, une grande lucidité sur les forces en mouvement, et l’engagement de chacun à y prendre part. Nous sommes individuellement responsables de ces comportements que nous contestons. Quelques (très) rares parlementaires d’une grande lucidité et d’un vrai courage, tels René Dosière et Charles de Courson, cherchent désespérément à nous prévenir du désastre. Nous les ignorons. En attente de l’étoile du Berger ?
Puisque notre capacité citoyenne éprise de justice se renforce de jour en jour, il nous revient, comme Diogène vrai philosophe des temps modernes, de proclamer sans détours : « Je cherche un homme… exemplaire ! » À défaut, le Cronos politique dévorera ses enfants… à l’exception de celui qui un jour nous sauvera par la vertu retrouvée.

->> République exemplaire
Michel Le Net, Fondateur de "République exemplaire"
Président honoraire du Cercle d’éthique des affaires (CEA)
Auteur de La communication politique, Notes et études documentaires, 1989 ; et La communication gouvernementale, Éditions de l’Institut de la communication sociale (ICOS), 1985.
Mardi 7 Février 2017
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