Les Sources de l'Info ... pour un développement humain durable
Les Sources de l'Info ... l'Information est nôtre, l'Opinion est vôtre ............ ".Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays"... JFK




Vers les Organisations Internationales



Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Des risques de l’inadaptation humaine aux trop rapides évolutions

par Michel Le Net de "République exemplaire"*



Il est une théorie connue, mais plutôt ignorée dans les sphères politiques, celle de l’inadaptation individuelle aux trop brusques changements. Prenons l’exemple du sucre, dont la consommation par personne est passée de deux à quarante kilos en cent cinquante ans*. Multiplication par 20 en une fraction de seconde, si l’on rapporte ce temps à la genèse de notre espèce.
Avec quelles conséquences, nous prédit ladite théorie ? De brusques changements dans nos habitudes de vie entraînent des désordres par l’impossibilité, pour notre organisme, de les prendre en compte. Atteintes oculaires (myopie) ; cancers (sein, prostate, colon) ; irruptions cutanées (acné) ; obésité signent la maladaptation de notre organisme à cette forme de gavage d’un aliment surabondant.

Cette notion semble évidente dans la vie quotidienne. Par nature, nous rejetons l’excès. Nous accordons un temps pour apprécier la nouveauté, et la faisons nôtre après en avoir évalué les attributs. Nous l’acceptons après ce sas de réflexion préalable.
À vouloir aller trop vite en toute chose induit ses effets pervers. Ainsi en est-il en politique. Les calamités qui ont marqué notre pays ces derniers siècles sont pour beaucoup nées d’une trop grande précipitation des pouvoirs en place pour faire prévaloir leurs exigences, légitimes ou moins. Les révolutions, coups d’États et autres bouleversements qui nous ont conduits en quatre siècles de première puissance du monde à celle que nous connaissons aujourd’hui tient dans cet aveuglement des dirigeants à ne pas savoir maitriser et conduire les changements comme il faut.
Le désordre que connait l’Europe après plusieurs décennies de mauvaises décisions, trop vite prises et mal préparées en est un bon exemple. Le Brexit en est le parfait exemple. On peut admettre que cela n’est pas des plus faciles. Mais les hautes fonctions supposent les compétences pour les assumer. Et sur ce point, reconnaissons que nous ne sommes pas bons à faire cohabiter les unes avec les autres !
Henri IV, il y a quatre siècles, avait dessiné les contours d’une Europe manifestement plus intelligente que celle qu’on nous impose. D’abord une identité politique. Puis une armée pour consolider et défendre le tout. Enfin le reste… Nous avons commencé par le reste, et nos dirigeants restent surpris et pantois devant les turpitudes engendrées par leurs insuffisances.
Parodiant une question célèbre qui avait cours dans les rues de Paris il y a deux siècles, nous serions tentés de les interpeller par : « Vous n’êtes pas au courant (de ce que pense l’opinion publique), vous faites donc de la politique ? » Michel Rocard fustigeait il y a trente ans ces « réponses circonstancielles mises en œuvre sous la pression des évènements, ces aménagements n’ouvrant nulle part de perspectives de solution durable car dépourvus de principe directeur… »**

À l’image du sucre, trop consommé et trop vite, la boulimie des diktats européens irréfléchis engendre ses équivalents pathogènes : brusques déchirements ; incompréhensions ; désordres ; en attendant de douloureuses reconfigurations dont personne ne peut encore mesurer les conséquences.
On pourrait aussi parler des déferlantes de décisions politiques irréfléchies qui passent bien au dessus de la compréhension populaire, suivies de ressacs qui brisent tout. Pas qu’il faille peu décider, mais qu’alors la réforme soit prise au moment qu’il convient, comme un fruit se cueille lorsque la nature, prenant en compte les mille paramètres de son mûrissement, l’offre naturellement à la consommation.
Calmons le jeu. Rejetons la précipitation au rang des accessoires à risques. Et prenons le temps d’expliquer chaque décision projetée comme il convient. À l’agriculteur, à l’éleveur, au boulanger, au poissonnier et au boucher, enfin aux vraies forces vives de la nation qui, plus que les autres, savent ce qu’est le labeur et les vraies valeurs qui donnent du bonheur au peuple !
___

* Voir Cro-Magnon toi-même ! de Michel Raymond, Seuil, 2008.
** Ouverture du 1er symposium international sur l’éthique, l’économie et l’entreprise, au Palais du Luxembourg (20 09 1989).
Mercredi 20 Juillet 2016
Les Sources de l'Info


Dans la même rubrique (pour afficher tous les résumés, cliquez sur le titre grisé du chapitre au-dessus du titre)

BREXIT ! - 20/06/2016

" UNE IMAGE MOLLE " - 25/01/2012

1 2

Nouveau commentaire :

Il vous est possible d'apporter votre point de vue. Vous devez cependant obligatoirement respecter les règles d'usage classique