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Jeudi 11 Mars 2010
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Vélib’ … et le casque ?

par Michel Le Net, Pésident du Cercle d’Éthique des Affaires



Nous écrivions ces propos quelques jours avant que les faits ne nous donnent malheureusement raison et ne renforcent notre conviction.

En terme de probabilité, il est certain qu’un jour ou l’autre, dans les conditions actuelles d’utilisation des vélos sans port du casque, un cycliste perdra la vie en tombant sur la chaussée, sur un trottoir, contre un véhicule.
Peut-être sera-t-il l’un des nôtres, fils, fille, femme ou mari, ou autre très proche ?

Pour éviter un tel drame programmé, il est une solution qui a fait ses preuves : rendre le port du casque obligatoire !
La mesure prise il y a plus de trente ans par le gouvernement de P. Messmer pour sauvegarder la vie des deux roues à moteur a fait ses preuves. Nul motard n’en disconvient. Aucun d’eux ne sortirait aujourd’hui sans son casque, partie intégrante de l’engin.

Il n’en a pas été de même encore pour les vélos. Fâcheuse omission quand on lit les dernières statistiques de la Délégation à la sécurité routière : la hausse récente des blessés s’explique parce que « certains des usagers les plus vulnérables (dont les vélos, bien sûr) circulent sans protection ou sont bien souvent insuffisamment protégés »

Des faits très récents sont là pour inciter à la mesure. L’obligation faite aux coureurs cyclistes du Tour de France de se conformer à la règle. Et peut-être plus encore, le dernier drame de la côte de Lafrey qui enseigne en pleine face que des incitations à respecter les lois n’ont elles-même qu’une portée réduite.

Arrêtez-vous aux feux rouges (90 % des cyclistes ne le font pas) ! Gardez vos distances avec les véhicules qui précèdent et ceux que vous dépassez ! Signalez vos changements de direction !… Autant de judicieuses prescriptions qui seront généreusement ignorées jusqu’au prochain drame. Il faut savoir qu’un jour ou l’autre, quelles qu’en soient les raisons, un conducteur « tombera dans l’ornière ». Ainsi sommes-nous faits. Le mieux est d’en tenir compte.

Nous imaginons très bien les volées de bois vert qu’une telle mesure peut engendrer, telles celles que nous avons connues lorsque les obligations du port du casque et de la ceinture de sécurité sont intervenues en 1973. Mais une telle « casquophonie » ne doit pas faire reculer l’échéance !

Atteinte à la liberté personnelle ; difficulté de trouver la bonne taille ; gène dans la conduite ; diminution de la pratique ; nouvelle contrainte de plus, « on en meurt ! » et mille autres mauvaises raisons seront avancées pour retarder la mesure. Discours d’un autre âge pour les cyclistes habituels que l’on voit se promener avec leurs enfants couverts le long des voies réservées. Pendant ce temps là, l’épée de Damoclès se balancera au-dessus de la tête de chaque usager, avec la lancinante question : qui sera demain la première victime ?

Transformons les obstacles en avantages ! Ainsi, que des collections de casques multicolores,
de différentes tailles et du meilleur effet, soient proposés conjointement avec les vélos. Que le nécessaire soit fait pour les ranger facilement lors des arrêts. Voilà de nouvelles sources d’inspiration, et des débouchés certains pour nos modélistes et nos industriels !
Et puisqu’il faut expliquer les nouveautés avant qu’elles soient appliquées, pour qu’elles soient admises, qu’une campagne de communication de qualité vienne expliquer à nos concitoyens les vertus de la mesure. J.-C. Decaux, qui participa il y a une génération aux opérations de « persuasion sociale » au profit des premières réglementations de sécurité routière sait de quoi nous parlons !

Tout le monde a à y gagner. La sécurité d’abord, bien sûr. Une pédagogie à bien faire aussi, en exprimant collectivement de bons comportements, que nos enfants seront heureux de suivre, … comme les enfants de nos enfants, habitués dès leur plus jeune age à ce modèle de vie exemplaire. Enfin une esthétique novatrice. Tel un champ parsemé de fleurs multicolores qui se courbent au gré du vent, nos rues seront égaillées par le vol ininterrompu de motifs décoratifs en danse permanente.

Et quelle agréable référence pour notre pays. Pensez, la France vient d’adopter une mesure salutaire de bien public, et tout le monde est content ! Ce n’est pas si fréquent. Venez voir chez nous. Le bonheur est dans la ville !

Michel Le Net
préside le Cercle d’Éthique des Affaires

Cercle d'Ethique des Affaires
courriel

Mardi 23 Octobre 2007


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