Porté par le Cemagref, le Cirad, l’Engref/AgroParisTech et l’IRD, au sein de la Maison de la Télédétection de Montpellier, Geosud se positionne dès 2008 dans la perspective du programme européen GMES (Global Monitoring for Environment and Security).
Comme l’explique Pascal Kosuth du Cirad : « GMES est un programme européen sur le long terme qui a pour vocation de fournir et partager des données spatialisées homogènes sur l’environnement dans tout l’espace européen et dans les régions du Globe où l’Europe est active. Il doit répondre aux besoins des utilisateurs dans les domaines de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire, de la société, de l’enseignement et de la recherche ». L’Agence Spatiale Européenne (ESA) est aussi un acteur majeur de ce programme.
Le projet GEOSUD, placé dans la perspective du programme GMES et des initiatives internationales visant à mettre l’espace au service de la société (IGOS, GEO), soutenu également par le Contrat de projet Etat-région (CPER 2007-2013), se traduira prochainement par une plate-forme internationale de recherche et de transfert en télédétection et information spatiale pour le développement durable. Celle-ci sera ouverte à la communauté scientifique nationale, européenne et aux partenaires du sud.
Enjeu majeur du développement durable, l’information spatiale permet de surveiller les évolutions des territoires, de comprendre leurs dynamiques et de définir des modes de gouvernance et de gestion concertée entre tous les acteurs.
Mettant le ciel au service de l’utilisateur, les images produites à distance à l’aide de satellites, avions ou drones offrent de nombreuses perspectives. La cartographie permet aux acteurs publics et privés de mieux surveiller l’environnement terrestre, les océans, l’atmosphère, de définir des stratégies de gestion, de prévenir les risques. La connaissance de la distribution spatiale des espaces naturels aide à concevoir des corridors verts ouverts à la circulation de la biodiversité. La vision large des territoires permet également de mieux comprendre les pressions exercées sur les milieux par les activités humaines, de maîtriser l’impact des pollutions sur les milieux aquatiques, de localiser les risques naturels, de définir des stratégies d’aménagement du territoire.
En région Languedoc-Roussillon, les équipes de la Maison de la Télédétection ont été mandatées pour développer des méthodes permettant de « quantifier et qualifier les surfaces de terres agricoles consommées au fil des décennies par le développement de l’habitat urbain et rural, des infrastructures et des routes», précise Pascal Kosuth. La télédétection associée à la modélisation a facilité la caractérisation de l’état des vignes et leur suivi dans le temps. Un système d’information a été développé pour aider les gestionnaires dans la surveillance et la gestion des digues de Camargue : il permet de répertorier toutes les interventions sur les ouvrages, les événements, les alertes. Des méthodes sont élaborées pour concevoir des observatoires dans différents champs thématiques : espaces protégés, pratiques agricoles et territoriales…
Les équipes du Cirad ont mis au point un outil d’aide à la gestion de la production de la canne à sucre par télédétection (prévision de rendements, suivi de l’avancement des coupes) ; c’est le projet Sucrette, à La Réunion, qui vient de donner lieu à un Atelier régional « Télédétection et canne à sucre ». D’autres études portent aussi sur la gestion des plantations de palmier à huile en Indonésie ou de bananiers à la Guadeloupe. « Il s’agit en effet de répondre aux besoins des acteurs de terrain en développant des méthodes et des outils facilement utilisables ».
-> UMR TETIS « Territoires, Environnement, Télédétection et Information Spatiale »
L'UMR rassemble 70 agents permanents du Cemagref, du CIRAD et de l’ENGREF ainsi qu’une vingtaine de doctorants et une dizaine de personnels sur contrats. Son objectif général est de produire, développer, diffuser et transférer des connaissances, des théories et des méthodes permettant (1) de décrire et comprendre les structures et dynamiques spatio-temporelles des écosystèmes, des espaces ruraux et des territoires, (2) de maîtriser l’information spatiale au service des démarches de connaissance, de gestion agri-environnementale et de développement territorial.
-> Cirad