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Tchernobyl, 20ème anniversaire de l’accident



L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Autorité de sûreté nucléaire publient sur leur site internet un point d’information actualisé sur l’accident de Tchernobyl et ses conséquences en France, ainsi que sur les mesures prises depuis 20 ans pour prévenir les accidents et améliorer la gestion des crises.

1- une synthèse sur la surveillance sanitaire en France en lien avec l’accident de Tchernobyl par l’Institut de veille sanitaire. Selon cette nouvelle étude, si la France connaît une augmentation depuis les années 1970 des cancers de la thyroïde, celle-ci se situe dans la même moyenne que le reste de l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. La répartition géographique de ces cancers ne fait pas apparaître de corrélation avec les retombées de Tchernobyl....
Au plan théorique, l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IRSN) avaient évalué en 2000, sur la base de calculs d’exposition aux faibles doses et d’hypothèses majorantes sur les effets sanitaires possibles de ces faibles doses, que les retombées en France de l’accident Tchernobyl auraient conduit à une augmentation du risque de cancers de la thyroïde, qui se situerait entre 7 et 55 cas supplémentaires pour la période 1991-2015 (pour 899 cancers spontanés prévisibles sur cette même population et sur la même période, avec une incertitude de plus ou moins 60 cas).
Par ailleurs, l’étude de l’InVS identifie certaines disparités régionales: en Corse, région parmi les plus exposées en France aux retombées de Tchernobyl, le taux de cancers de la thyroïde se situe, pour les hommes, à un niveau trois fois supérieur à la moyenne des autres départements étudiés, ce qui la place en première position des départements étudiés. En revanche, pour les femmes, ce taux se situe dans la fourchette, haute, des taux observés pour le reste du pays; en revanche, dans le Tarn, département parmi les moins exposées aux retombées de Tchernobyl, le taux de cancers de la thyroïde se situe, pour les femmes, à un niveau deux fois plus élevé que la moyenne des départements étudiés. Ce taux, pour les hommes, se situe quant à lui dans le bas de la fourchette des taux observés pour le reste du pays.
Ces observations épidémiologiques ne permettent pas de détecter de lien entre le nombre de cancers observés et la contamination résultant de Tchernobyl. Au vu de ces résultats contrastés, Xavier Bertrand a demandé à l’Institut de veille sanitaire de poursuivre, en lien avec l’INSERM, les études nécessaires afin de déterminer l’ensemble des facteurs de risque de cancers de la thyroïde, notamment nutritionnels, hormonaux et géographiques, en portant une attention particulière à la Corse et à l’est de la France. Il a notamment demandé de renforcer la surveillance de ces cancers en l’étendant à tous les départements et en s’appuyant notamment sur les données des laboratoires d’analyse des tumeurs des établissements de santé. Les premiers résultats seront connus en 2008, et rendus publics.
2- une synthèse de l’ensemble des connaissances sur la contamination de l’air, les dépôts au sol et la contamination des produits agricoles en France au moment de l’accident par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.
Elle comprend un ensemble de fiches synthétiques et les cartes et rapports que l’IRSN a publiés dans le cadre des importants travaux qu’il a conduits, spécialement depuis 1997, pour reconstituer les conséquences de cet accident sur la France, en interprétant l’ensemble des données acquises à partir de 1986. Un avis de synthèse du conseil scientifique de l’IRSN a été rendu le 30 mars 2006 sur la démarche utilisée.
3- une présentation de ce qui a été mis en place depuis vingt ans pour prévenir les accidents, améliorer la gestion des crises et la radioprotection et renforcer la transparence en France par l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Ces améliorations concernent principalement les renforcements techniques de la sûreté des réacteurs, le développement d’une culture de sûreté chez les exploitants, le renforcement des moyens de contrôle de l’Etat (l’Autorité de sûreté nucléaire compte désormais 400 agents et réalise chaque année 700 inspections des sites nucléaires civils), la mise en place de centres d’urgence et de plans d’urgence, la distribution préventive d’iode stable, le développement de réseaux de contrôle de l’environnement, l’information du public systématique par Internet sur le contrôle du nucléaire. Enfin, la loi relative à la transparence et la sécurité en matière nucléaire examinée en première lecture par le Parlement rénove en profondeur le cadre législatif applicable aux activités nucléaires et à leur contrôle et permet une meilleure information du public.

-> voir le dossier dédié de l'IRSN
->voir le site de l'ASN
-> voir le site de l'INVS
-> voir le dosier de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
Mardi 25 Avril 2006
Les Sources de l'Info


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