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Relations franco-allemandes, défis et perspectives



Le Dr. Peter Ammon, Ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en France est intervenu à Paris, le 25 septembre 2007, devant le Club économique franco-allemand et la Chambre franco-allemande de Commerce et d'Industrie en traitant le thème des " Relations franco-allemandes : défis et perspectives ".
"Je tiens à vous remercier aussi d'avoir réuni ce cercle de choix - dans un cadre prestigieux. La Maison des Arts et Métiers, qui nous accueille aujourd'hui, évoque, pour nous- Allemands, un véritable modèle de formation à l'innovation et au progrès technique....
Pour avoir servi l'État allemand, dans d'autres fonctions et dans d'autres circonstances, en tant que directeur général des affaires économiques, je me souviens très bien d'une époque où l'Allemagne allait mal au niveau économique, où l'ambiance était morose au niveau psychologique, et où les citoyens vivaient dans le doute, voire dans la crainte de l'avenir.
Aujourd'hui, nous, Allemands, avons l'impression d'avoir traversé cette période difficile. Mais nous savons que la réforme entamée n'est que le début d'un changement profond dans notre société.
Autrement dit : certes, nous regardons, aujourd'hui, l'avenir avec plus de confiance. Mais si nous le faisons, nous le faisons pleinement conscients du fait que nous devrons continuer à réformer nos systèmes sociaux, nos systèmes de retraite, notre code de travail, bref : les règles sur lesquelles repose notre modèle économique et social....

La mondialisation sera la marque de notre époque. J' aimerais apporter ici quatre éléments de réponse aux défis qui se posent à nous :
- Tout d'abord : Nous avons appris qu'à l'avenir, les réponses apportées au niveau national ne répondront plus aux questions que la mondialisation nous pose.
- Deuxièmement : nous ne voulons pas subir la mondialisation. Nous voulons lui apporter nos idées, nos modèles, nos propositions afin de mieux la maîtriser. Et quand je dis " nous ", je parle de nous, Européens, de nous, Français et Allemands, tout d'abord.
- Troisièmement : la France et l'Allemagne ont de bonnes raisons de considérer la mondialisation comme une chance à saisir et non comme un danger.
- Enfin : le partenariat franco-allemand relève de la stratégie et non de la tactique. Si, et seulement si l'Allemagne va bien, alors la France va bien elle aussi, et inversement : la France ne va bien que si l'Allemagne va bien elle aussi....

Tout d'abord, je souhaite attirer votre attention sur le fait que la mondialisation n'est pas un phénomène naturel, mais qu'elle est une évolution fondamentale à laquelle nous devons donner forme. Il incombe donc à la politique de veiller à ce que des règles du jeu encadrent la mondialisation.
En France comme en Allemagne, les conséquences de la mondialisation font l'objet de discussions intenses. Ce concept suscite des peurs et des réactions de rejet dans nos deux pays. Une politique de cloisonnement ne serait pas réaliste : elle serait la source d'un appauvrissement général.
Et ce n'est pas tout : la mondialisation affecte également la politique de sécurité. Les pays qui constituent les uns pour les autres des marchés importants ou des sources de technologies ne seront plus jamais en guerre. Il est d'ailleurs significatif que tous les conflits militaires des dix dernières années aient vu s'opposer des pays et des populations participant peu ou pas du tout à la mondialisation. Je citerai comme exemple le Congo, l'Afghanistan, l'Iraq ou encore l'Iran....
Je dis cela avec toute la modestie d'un État qui, avec quatre-vingt millions d'habitants, représente à peine la population d'une province chinoise, une analyse réaliste du rôle de la France et de l'Allemagne dans le monde s'impose.
Au début du siècle dernier, les Européens représentaient un quart de la population mondiale - contre 4% seulement à la fin de notre siècle. À lui seul, ce chiffre prouve qu'il est vain pour nous de faire cavalier seul dans le monde de demain.
Il est évident que des États tels que la France et l'Allemagne doivent agir de concert s'ils veulent définir les règles du jeu de la mondialisation. La seule solution est d'agir ensemble et de bien coordonner nos actions à l'avance.
Ensemble, et ensemble seulement, nos deux pays atteignent une masse critique qui nous permet d'agir. Je citerai ici quelques chiffres :
- À eux deux, nos pays totalisent une population de 145 millions de personnes. Ce chiffre est impressionnant, mais nous ne devons pas oublier que cela ne représente qu'à peine plus de 2% de la population mondiale.
- Notre poids économique commun est toutefois considérable. Ensemble, nos économies nationales représentent près de 7% du PIB mondial.
- Nos deux pays sont très mondialisés : à elles deux, la France et l'Allemagne génèrent environ 16% des exportations mondiales.
- Chaque année, nos deux pays consacrent 10 milliards de dollars à l'aide au développement.
Pour avoir une chance d'être entendue, l'Europe doit parler d'une seule voix sur la scène internationale. Cet objectif est l'une des constantes communes de la politique européenne de la France et de l'Allemagne. Avec les résultats du Conseil européen de juin dernier et l'accord obtenu à cette occasion sur une réforme du traité pour l'Union, nous sommes arrivés à un moment prometteur de l'histoire de l'Europe.
Je suis convaincu que le traité modificatif sera signé avant la fin de l'année et qu'il entrera en vigueur avant les élections européennes en 2009. L'Europe aura ainsi un nouveau visage. En interne, elle sera dotée d'une nouvelle force d'interprétation et à l'extérieur, sa capacité d'action prendra également une nouvelle dimension.
La chancelière fédérale, et donc l'Allemagne, n'aurait pas pu obtenir seule un tel succès mais elle a pu s'appuyer sur le concours de ses plus importants partenaires, notamment la France. Au sommet de Bruxelles de juin, qui a connu des moments de grande tension, la France a en effet joué un rôle très important : pour sortir de la crise, le président français a apporté un soutien extrêmement positif à la chancelière fédérale, qui présidait le Conseil.
J'ai moi-même participé aux préparatifs des sommets du G8 au cours des six dernières années. À eux deux, l'OMC et le G8 ont le plus de cartes en main pour définir les règles du jeu de la mondialisation. Permettez-moi donc de consacrer quelques instants aux résultats de ces deux récents sommets.

Les États du G8 représentent aujourd'hui moins de la moitié de l'économie mondiale. Il est par conséquent justifié et nécessaire d'impliquer les pays émergents dans le dialogue sur la mondialisation. À cet égard, Heiligendamm a constitué une nouvelle avancée - puisque le Brésil, la Chine, l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud ont été associés aux réflexions sur toute une série de questions mondiales.
À l'avenir, le G8 veut entretenir un dialogue régulier avec ces États dans le cadre du processus dit " de Heiligendamm ". Les États du G8 veulent largement partager leur savoir-faire avec les pays émergents, notamment en matière d'efficacité énergétique. Dans le même temps, il faut parvenir à un accord sur une protection internationale plus efficace de la propriété intellectuelle : protection contre les machines piratées ainsi que les produits de marque et les médicaments contrefaits.
Mais nous pouvons aussi attendre de ces puissances économiques en plein essor qu'elles prennent leurs responsabilités. J'entends par là le respect des normes sociales de même que la question de plus en plus importante de la protection de l'environnement et du climat....
Même si je ne peux pas aborder ce sujet en détail ici, je ne peux manquer de rappeler le rôle essentiel que joue la protection climatique pour nos deux pays.
Sous la présidence allemande de l'Union, le Conseil européen de mars 2007 a décidé une réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'ici 2020, l'Union européenne réduira ainsi ses émissions de 20%.
Lors du sommet du G8 à Heiligendamm, avec l'aide de nos amis français, nous sommes parvenus à convaincre les États-Unis et les autres partenaires de poursuivre les efforts de protection du climat sous l'égide des Nations Unies. Il est dans notre intérêt commun franco-allemand que des objectifs contraignants de réduction soient lancés lors de la prochaine conférence mondiale sur le climat à Bali pour la période suivant l'expiration du protocole de Kyoto en 2012.
A Heiligendamm, nous avons aussi convenu de lutter contre les déséquilibres de l'économie mondiale. C'est là que les risques liés aux taux de change - si actuels aujourd'hui - trouvent en effet leur véritable source à longue terme.
Il faut noter que les déséquilibres des balances des paiements ne sont pas un phénomène européen mais plutôt américain et asiatique. La balance des paiements de l'Union européenne est - quant à elle - globalement équilibrée voire positive.
À mes yeux, l'indépendance de la Banque centrale européenne et donc sa crédibilité sont d'ailleurs un grand atout dans ce contexte, car elle représente - parmi d'autres considérations - un aspect très attrayant pour les investisseurs étrangers.
Dans le cadre du G8, le gouvernement allemand a aussi abordé les risques pour la stabilité sur les marchés financiers internationaux. La France et l'Allemagne se sont engagées à s'attaquer à leurs causes profondes. Parmi celles-ci figurent notamment la volatilité et le manque de transparence des marchés financiers, une question qui nous préoccupe tous beaucoup ces derniers temps. La crise du secteur américain des " subprimes " illustre à quel point il est important de rendre plus transparents les marchés des capitaux et le fonctionnement des hedge funds. Je me réjouis donc que nous soyons entre-temps parvenus à un solide consensus entre la France et l'Allemagne à ce sujet....
Quelles sont les grandes questions qui se posent à nous en avenir et auxquelles nous souhaitons trouver une réponse ensemble ?
Permettez-moi de dire d'abord quelques mots sur les débats internes dans nos deux pays : En France comme en Allemagne, la mondialisation suscite également un certain scepticisme voire de véritables craintes. Au sein de la population, des inquiétudes concernant les conséquences de la mondialisation s'expriment de manière récurrente : craintes de suppression d'emplois, de dégradation des conditions de travail, de réduction des salaires. Il incombe aux gouvernements, mais aussi au monde économique, de faire preuve de pédagogie et de convaincre les citoyens de la nécessité de profonds changements, mais surtout de leur faire comprendre à quel point ils tirent profit, dans leur vie quotidienne, de la mondialisation.
Pour nous tous, Français et Allemands, la mondialisation peut s'avérer une immense source de prospérité capable d'améliorer considérablement nos conditions de vie. À chaque achat, chaque voyage et chaque appel téléphonique, nous profitons pleinement des fruits de la mondialisation. J'ai récemment vu un lecteur DVD en vente à 30 euros : sans la mondialisation, cela aurait été impossible. Mais nous devons reconnaître qu'à la joie du consommateur répond la peur de celui qui craint de perdre son emploi.

En Allemagne, les citoyens commencent à comprendre que nous pouvons faire partie des gagnants de la mondialisation. Ce que nous vivons aujourd'hui est le résultat de réformes nombreuses et souvent douloureuses qui ont permis d'accroître la compétitivité de l'Allemagne. La modération salariale et l'allongement du temps de travail ont permis d'augmenter la productivité de 15% en Allemagne.
Selon toute probabilité, l'Allemagne sera à nouveau championne du monde des exportations en 2007, devant la Chine et les États-Unis. L'Allemagne a ainsi su défendre sa base industrielle dans une compétition globale accrue. Et qui plus est : elle a su préserver son modèle social et surtout la participation de la population aux bénéfices engendrés par la mondialisation....
Permettez-moi d'évoquer brièvement les réformes en Allemagne. Dès 2003, l'Allemagne a engagé des réformes douloureuses du marché du travail connues sous le nom de réformes " Hartz ". Au cours des dernières années, le temps de travail hebdomadaire a progressivement été augmenté, en particulier dans le service public où il est désormais de quarante et une ou quarante-deux heures par semaine en moyenne.
L'âge de la retraite est progressivement repoussé à 67 ans. Une augmentation de la TVA de 3 points, de même que des modifications des assurances santé, chômage et retraite, nous a également permis de baisser les coûts indirects du travail. En dépit d'une pyramide des âges défavorable, nous sommes ainsi parvenus à faire passer les coûts indirects du travail de 42 à 40% des revenus.

Pour les entreprises, nous avons introduit pour les années 2006/2007 des facilités d'amortissements pour les investissements. Lors de la prochaine étape, lorsque ces investissements commenceront à porter des fruits, nous prévoyons une réforme qui allègera l'impôt sur les sociétés. Au total, nous avons réussi à faire baisser d'un million le nombre de chercheurs d'emploi et à résorber le déficit de l'État et des comptes sociaux dès cette année.
Lors de sa récente réunion en conclave à Meseberg, le gouvernement allemand a adopté un nouvel et ambitieux programme de réformes pour la seconde moitié de son mandat, c'est-à-dire jusqu'en 2009. En voici quelques éléments :
- Tout d'abord : une nouvelle réforme du fédéralisme, notamment des relations financières entre l'État fédéral et les Länder ;
- Puis : la création de nouvelles règles pour les investissements de fonds d'État étrangers - fonds souverains - en Allemagne. C'est-à-dire : pas de protectionnisme mais des interventions là où le fonctionnement du marché est menacé. Dans ce domaine, nous nous efforçons de trouver des solutions internationales.
- Également : un programme de recherche ambitieux. Désormais, l'Allemagne consacrera 3 % de son PIB à la recherche et développement.
- Par ailleurs : un programme qui se chiffre à plusieurs milliard d'euros pour l'isolation thermique des habitations et la promotion des énergies renouvelables ;
- Enfin : une réforme de l'immigration ainsi que le développement des solutions de garde d'enfants.....

La France et l'Allemagne sont donc en plein cour d'une phase d'intenses réformes. Je suis convaincu que la France profite elle aussi de l'interdépendance toujours plus étroite de l'économie mondiale. Les investissements allemands en France ont permis la création de 300.000 emplois dans l'Hexagone. Près de la moitié du capital des sociétés du CAC 40 provient de l'étranger. Tout ceci atteste de la grande confiance dont bénéficie la France à l'échelle internationale.

Je constate d'ailleurs qu'à la tête des plus importantes instances de la mondialisation, à savoir l'OMC, la BCE et la BERD, on ne trouve que des personnalités françaises. C'est peut-être également un Français, espérons-le, qui dirigera prochainement le Fonds monétaire international. La France ne devrait donc pas avoir peur de la mondialisation.
Nous pouvons donc nous montrer tout à fait sereins dans notre dialogue avec les sceptiques. Certains reprochent à la mondialisation de provoquer une " course au moins-disant " (" race to the bottom "). Selon cette hypothèse, l'immense force d'attraction des pays à faible coût de travail continue d'entraîner la délocalisation d'emplois. En conséquence, ils pensent qu'une baisse drastique des salaires dans les pays industrialisés sera la seule réponse possible pour préserver leur base industrielle. En fin de compte, selon ses détracteurs, la mondialisation serait ainsi génératrice de pauvreté car seuls les plus bas salaires pourraient finalement encore être payés dans nos pays.
Il est toutefois possible d'éviter un tel cercle vicieux. La réponse peut se trouver dans une " course au mieux-disant " (" race to the top "). Dans la concurrence mondiale, les pays qui s'imposeront seront ceux qui ont le meilleur système éducatif, qui disposent de la main d'ouvre la plus qualifiée, dont les infrastructures sont les plus abouties, dont l'administration publique est la plus légère et les budgets fiscaux les plus équilibrés. Grâce à la concurrence mondiale, la mondialisation incite à améliorer nos systèmes de formation et l'efficacité de nos structures.
Et c'est évidemment la voie que nous voulons suivre.
Cela signifie toutefois aussi qu'il n'est plus possible de se contenter d'une politique économique et industrielle nationale. Il en va de même pour la politique sociale, les questions d'éducation, les infrastructures et les aspects administratifs et judiciaires. La souveraineté des gouvernements nationaux est aujourd'hui bien plus limitée.

Il est tentant de chercher à s'isoler, à échapper au vent âpre de la mondialisation et à trouver refuge derrière des mesures protectionnistes. Le monde résonne de tels appels, notamment de l'autre côté de l'Atlantique.
L'expérience allemande des dix dernières années est éloquente. Je l'ai déjà évoqué tout à l'heure : au moment même où l'Allemagne a engagé des réformes profondes, elle a traversé une crise de confiance, allant jusqu'à l'organisation d'élections anticipées. Le chemin à parcourir fut difficile et parfois amer mais nous n'avons pas écouté les sirènes du protectionnisme. Nous avons au contraire essayé de faire face aux défis et de tirer parti de la migration des emplois à l'étranger. L'économie allemande est florissante sur les marchés mondiaux car elle a segmenté ses chaînes de production. Les éléments qui pouvaient être produits dans des pays à faible coût de travail ont déjà été largement délocalisés. Dans le même temps, des éléments de production à haute valeur ajoutée ont été consolidés en Allemagne.
Cette année, l'Allemagne exportera des biens et des services pour un montant de 1000 milliards d'euros dont presque la moitié a été importée en tant que biens intermédiaires. Cela signifie que nous profitons de la chaîne mondiale de création de valeur. Nous réussissons à garder en Allemagne les éléments de la chaîne nécessitant une haute technologie et représentant une grande valeur ajoutée. Cette attitude offensive face à la globalisation est la clé du succès.

En tant qu'Ambassadeur d'Allemagne, je ne me permettrais pas d'exprimer mon avis sur les réformes engagées par le gouvernement français. Mais en tant qu'observateur, je constate un certain nombre de similitudes avec la situation en Allemagne, il y a à peine 4 ans. Et je voudrais souligner que, seulement la semaine dernière, le gouvernement allemand ait salué une nouvelle fois la volonté de réforme du gouvernement français....
Dans notre recherche de la bonne stratégie vis-à-vis de la mondialisation, un dialogue intense et constructif entre la France et l'Allemagne est nécessaire - surtout au niveau politique, mais aussi au niveau des entrepreneurs. Chaque jour, des biens et marchandises sont échangés pour une valeur de 500 millions d'euros entre nos deux pays. Nous sommes le plus important marché l'un de l'autre. Au niveau politique, l'intensité de la coopération entre nos deux gouvernements n'a pas d'équivalent dans le monde : dans le cadre des rencontres de Blaesheim, la chancelière fédérale, le président de la République et leurs ministres des Affaires étrangères se rencontrent tous les deux mois. En outre, les équipes ministérielles se réunissent deux fois par an en conseil des ministres franco-allemand. À cela viennent s'ajouter les rencontres semestrielles du Conseil franco-allemand économique et financier....

Nous avons de bonnes raisons d'envisager les années à venir avec optimisme. Je suis convaincu que les réformes en Allemagne et en France vont se poursuivre et qu'elles se révéleront très fructueuses.
Les relations franco-allemandes sont un rapport " gagnant-gagnant ". Lorsque l'un des partenaires va mieux, l'autre en bénéficie aussi. Cela n'a rien à voir avec des humeurs ou des opinions politiques mais relève purement et simplement de la force des choses.
À l'avenir, la coopération franco-allemande doit encore davantage s'efforcer d'influencer les règles du jeu de la mondialisation. Ensemble, nous pourrons rendre visibles nos positions dans les grandes instances et institutions afin d'exercer une influence aussi importante que possible. La concertation préalable de nos politiques est la clé absolue. C'est pour moi l'aspect décisif de l'avenir du partenariat franco-allemand stratégique.
En regardant autour de moi ce soir, je suis pleinement confiant : nous avons de très bonnes chances de tirer parti de la mondialisation et de la façonner. En France, nous avons un gouvernement ambitieux et actif. En Allemagne, la chancelière a fait la preuve de ses qualités en Europe et dans le cadre du G8. Je crois également que dans nos deux pays, l'opinion publique admet peu à peu que les choses ont changé et comprend de plus en plus que la voie de l'avenir est celle du changement. C'est pour moi le signe que la France, comme l'Allemagne, s'attelle aux défis de la mondialisation et fait face à la concurrence globale. ...

Le partenariat franco-allemand est la base de notre réflexion au niveau européen, mais aussi au niveau international. Sans nos deux pays, l'Europe n'irait pas seulement mal. Sans nos deux pays, l'Europe n'existerait pas. Depuis la création de l'Union, l'amitié franco-allemande, l'imbrication de nos économies et la coopération entre nos peuples assurent la paix et la prospérité du Vieux continent, et nous en sommes pleinement conscients.
Mesdames, Messieurs,
Nous avons de bonnes raisons d'envisager l'avenir avec beaucoup d'optimisme.

Soirée Franco-Allemande en partenariat avec le Club Economique Franco Allemand (CEFA)
Thème : "Les relations franco-allemandes : défis et perspectives"
Intervenant: Dr. Peter Ammon, Ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en France
25 septembre 2007, Maison des Arts & Métiers, Paris, 19h30 - 22h30
Mardi 2 Octobre 2007
Ambassade d'Allemagne


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