L'aspiration à la sécurité englobe aussi l'aspiration à l'emploi et la protection sociale dans un monde en mutation rapide. "Nous ne pouvons acquérir la sécurité en nous opposant à la mondialisation. Nous devons l'organiser en renforçant notre compétitivité tout en préservant le modèle social européen". Cela suppose aussi d'aborder les changements climatiques "dramatiques" avec l'ensemble des partenaires de la planète et l'approvisionnement commun en énergie. Par ailleurs, la sécurité suppose une politique commune dans le domaine des migrations qui respecte les droits de l'homme et tienne compte de la nécessité d'une intégration dans nos sociétés. "Nous ne saurions tolérer que des gens de plus en plus nombreux perdent la vie dans les eaux de la Méditerranée". La sécurité n'est pas compatible non plus avec "un monde où sévissent les conflits, la pauvreté, les contraintes sociales, le désordre et les atteintes à l'environnement"....
Le Président du Parlement a souligné l'actualité du discours prononcé le 17 juillet 1979 par Louise Weiss, doyenne d'âge du premier Parlement européen élu au suffrage direct : "que jamais ne nous abandonne, disait-elle, "le sentiment d'être des légataires et des testateurs: les légataires d'une spiritualité essentielle et les testateurs de cette spiritualité au bénéfice des générations à venir.".....
L'Union européenne qui regroupe 27 pays et 500 millions de personnes, ne peut plus être dirigée avec les instruments dépassés des traités actuels. "Si nous voulons que notre communauté de valeurs survive, nous devons la réformer en profondeur. Le traité constitutionnel renforce à la fois le Parlement européen et les parlements nationaux, il apporte un supplément de parlementarisme et de démocratie". Il reconnaît – c'est une première – la gouvernance autonome commune en tant que fondement de l'ordre démocratique européen. Une hiérarchie des compétences définit celles de l'Europe. "Je voudrais dire sans ambages que je ne comprends pas les personnes qui critiquent "Bruxelles" – ce qui est parfois justifié, de même que l'on peut critiquer la politique nationale – tout en rejetant le traité constitutionnel qui est précisément le moyen de contribuer à combler les lacunes constatées"....
Il ne saurait être question de laisser un État membre ou un peuple de l'Union européenne se débattre seul avec ses problèmes. "Corollaire de ce principe, l'égoïsme national est exclu. Celui qui ne sert que les intérêts de son pays compromet ceux-ci parce qu'il porte atteinte à la solidarité qui est indispensable à la défense des intérêts de chacun"....
L'avenir de l'Europe dépend également, dans une large mesure de la coexistence des cultures et des religions dans l'Union européenne ainsi qu'avec ses voisins, en particulier ceux du monde arabo-islamique. Le Parlement européen se doit d'encourager et de soutenir les exemples qui, dans la société civile, adhèrent au dialogue des cultures. Se référant à l'action de "Tres Culturas" et à son prédécesseur espagnol, le Président a insisté sur la nécessité de "soutenir activement tous les modèles de coexistence en Europe de chrétiens, de musulmans et de juifs ainsi que de personnes n'appartenant pas à ces religions. Il a explicitement appelé à rejeter le "choc des civilisations" et appelé de ses vœux "un pont spirituel et culturel par-dessus la Méditerranée"....
Toutefois ce dialogue doit se fonder sur la tolérance et la vérité. "Il s'agit, tout en préservant ses convictions personnelles, de respecter celles d'autrui afin de pouvoir coexister pacifiquement"........"
voir le discours inaugural complet