Jeudi 24 Mai 2012
9:33
|
||||
|
les Nouvelles
Vers les Organisations Internationales
vers les Institutions Nationales
|
Les essais atomiques français en Polynésie
par Paolo Scampa, Vice-président de l'AIPRI, Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants
Essais atomiques atmosphériques en Polynésie La France a effectué 46 essais en Polynésie pour une puissance totale de plus de 10.000 Kt (dix mille). Dans 17 essais (37%) la boule de feu a touché le sol (contamination au sol maximale et éternelle). Dans ces 17 essais le rayon de la boule de feu est supérieur à l'altitude de l'explosion. Les chiffres officiels, certifiés par le ministre de la défense, sont exposés dans son rapport : " La dimension radiologique des essais nucléaires français en Polynésie. A l'épreuve des faits" - vers le dossier, attention il est très lourd :22,7mb
Question: Comment à partir des kt (publics) déduire la charge initiale (secrète) employée (kg de matière fissile) ?
1: Il faut simultanément fissionner tous les atomes (1,45E23) contenus dans environ 57 grammes (0,057 kg) de Pu239 (57,32 gr pour l'exactitude) ou de U235 (56,36 gr pour l'exactitude) pour obtenir une puissance de détonation de 1 Kt. La France a donc eu besoin de fissionner pour ses essais atmosphériques environ 1,45E27 atomes c'est-à-dire environ 570 kg de matière nucléaire. (10000 kt * 0,057 kg = 570 kg). 2: Cette partie fissionnée ne représente toutefois que de 10% à au plus 18% de l’ensemble de la matière fissile présente dans l'engin. Pour garantir une détonation atomique il faut en effet disposer pratiquement de 5,5 à 10 fois plus d'explosif nucléaire par kilotonne qu'il n'en est théoriquement nécessaire. Pour les détonations de la France on sait qu'au plus 10% de la masse fissile a fissionné. (En gros pour "exploser" 57 grammes - 1 kt- la France a en moyenne employé 570 gr d'explosif.) Donc la France a au minimum employé 570 kg * 10 = 5,7 tonnes de matière fissile pour ses essais atmosphériques en Polynésie. 3 : En résumé au moins 5 tonnes de résidus non consommés des engins et au moins 0,57 tonnes de produits de fission ont été injectés sous forme de micro et nanoparticules dans la biosphère par les essais atmosphériques en Polynésie française. (Une explosion atomique atteint 100 millions de degrés et pulvérise toute la masse de matière employée en particules ultra-fines qui se comportent comme des gaz.) 20% de ces débris sont retombés, en partie sur le Pacifique sud en partie sur le monde entier, et 80% sont encore en circulation aérienne et le resteront quasiment pour l'éternité. 4: Rien qu'en produits de fission de demie-vie supérieure à 1 année qui représentent environ 150 kg des 570 kg des produits de fission issus des détonations, la France a injecté dans l'atmosphère que nous tous respirons la bagatelle de 21 millions de Curie, 800 millions de milliards de Becquerel. A cela s'ajoutent les résidus de matière fissile non consommée à savoir au moins 5 tonnes de nanoparticules d'uranium 235 et de plutonium 239. Or, même si la plus tardive à se manifester, la contamination interne par les radioéléments est la plus dangereuse des formes de la radioactivité. C'est là une magistrale consécration de la contamination universelle de l’homme. Essais nucléaires souterrains en Polynésie Question: les essais nucléaires souterrains en Polynésie : où sont passés 1000 kg de plutonium ? Dans le document officiel, cité plus haut, on lit que la France a explosé environ 3000 kt en 137 essais atomiques souterrains en Polynésie[1]. I : Sachant qu'il faut fissionner environ 57 grammes d’uranium ou de plutonium pour obtenir 1 kt[2] la France au minimum a donc fissionné environ 171 kg de matière nucléaire. (3000 kt * 57 gr = 171.000 grammes ou 171 kg.) II : Sachant également que la fraction fissionnée de l’explosif ne représente, selon la publication, que 10%[3] de la charge nucléaire des engins (1/10)[4], pour l’ensemble des essais souterrains, il a donc fallu utiliser au moins 1710 kg de charge fissile. (171 kg * 10 = 1710 kg.). Or dans le rapport (et celui de l'AIEA)[5] sur les restes de plutonium dans les sous-sols on lit que gisent là 1100 TBq de Pu239 (c’est-à-dire 1,1E15 Bq) ce qui traduit en poids signifie 478,875 kg de plutonium 239[6]. III : Au total on décompte au moins 1710 kg de plutonium dans les charges[7] dont 10% (171 kg) ont fissionné mais on trouve seulement 478,875 kg de « résidus non consommés » de plutonium dans les cavités ? Là où l’on attend 1539 kg de plutonium résiduel on n’en « découvre » que 478,875 kg ! A l’épreuve des faits les comptes s’affolent. Il manque plus de 1000 kg de plutonium à l'appel ! C’est là une flagrante inconséquence physique. 1710 - (479+171) = 1060 kg (Charge - (Résidus + Fiss.) Que conclure ? 1 - Les kt obtenus au cours de ces essais souterrains sont-ils délibérément sur-évalués ? Dans cette hypothèse tout au plus 48 kg auraient été fissionnés pour un total de 842 kt et non pas 171 kg pour 3000 kt. (48000gr/57gr = 842 Kt). 2 - Les "résidus non consommés" sont-ils délibérément sous-évalués autant par la France que par l'AIEA ? Dans cette hypothèse il y aurait au moins 1539 kg de plutonium pour 3535 TBq dans le sous-sol et non pas seulement 478 kg pour 1100 TBq. 3 - La tonne hypothétique manquante (1061 kg de Pu239 pour 2437 TBq) signifie-t-elle des fuites dans les cavités ? 4 - Ces trois choses en même temps ? 5 - Les nombreuses autres et faussement rassurantes données radiologiques présentées dans la publication (dépôts de nuclides dans le sol, les plantes, l'eau, l’air etc.) sont-elles crédibles ? Comment croire que les « savants nucléaires » qui commettent d’aussi grossières erreurs dans les calculs des dépôts résiduels assurent la radioprotection des soldats et des populations ? Comment croire que ces « savants nucléaires » qui se trompent (ou falsifient ?) aussi magistralement ne trompent pas ipso facto leur propre armée, leur propre chef d’état et leur propre peuple ? Comment croire en effet qu’ils soient en mesure de leur fournir des éléments véridiques pour une prise de décision politique rationnelle ? On est en droit de se le demander. N.B. Aucune mention de U235 dans les sous-sols n'est faite. Il faut donc croire qu'on n'a employé que des charges au plutonium dans les essais souterrains. Paolo Scampa Vice-président de l’AIPRI. Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants. Siège international de l'AIPRI, 54 Quai du Halage, B-4600 Visé - Belgique Courriel de Paolo Scampa -------------------------------------------------------------------------------- [1] P.360 - L’ensemble des essais sur le site du CEP a été d’environ 13.000 Kt. 10.000 kt pour les essais atmosphériques et environ 3000 kt pour les essais souterrains. [2] Ce que le document souligne également p. 55 -La libération d'une énergie équivalente à l’explosion de 1 kt de TNT est réalisée par la fission complète d’environ 57g de 239Pu. [3] D’autres nations parviennent à fissionner jusqu’à 18% de la charge. C’est là le maximum atteint. [4] P.54, Chapitre : Matières nucléaires non consommées -Lors d’une explosion nucléaire, les réactions de fission consomment de l’ordre de 10% de la totalité de la matière fissile de l’engin testé. [5] P.322 Chapitre : Activité résiduelle confinée dans le sous-sol. Tableau 75. [6] L’opération suivante permet de calculer le poids de matière à partir de l’activité relevée: Activité observée Bq/Activité spécifique Bq/gr = Poids en gr. à 1,1E15/2,29E9 = 478,875 kg N.B. Pu239, demi-vie 24110 ans; 1 Ci = 16,1 gr; 0,062 Ci/gr ou 2,3E9 Bq/gr. [7] Ce qui donne en moyenne 12,4 kg de plutonium pour chacune des 137 explosions atomiques souterraines pour une moyenne idéale de 21,8 Kt par explosion, à supposer que tous les atomes fissionnés contribuent ici à l’énergie d’explosion. (Ce qui est manifestement inexact car la réaction en chaîne consomme de manière « non explosive » au moins 50 générations de fissions « d’amorçage » (il y a environ 2,7 neutrons « utiles » par fission) avant de parvenir, en moins d’une microseconde, au nombre critique de fissions simultanées ou quasiment simultanées amenant à l’explosion. Cf le chapitre 1.54, Time scale of a fission explosion, in The effects of nuclear weapons, S. Glasstone, P. Dolan, United States of Departement of Defense and Energy Research and Development Administration, 1977.) Ce qui signifie que « tout ce qui fissionne dans une bombe n’explose pas ». Seulement une fraction, même si très importante, de ce qui fissionne est disponible pour l’énergie d’explosion et contribue aux Kt.) Jeudi 11 Octobre 2007
Les Sources de l'Info
Dans la même rubrique (pour afficher tous les résumés, cliquez sur le titre grisé du chapitre au-dessus du titre)
|
Législatives - Tribune Libre - Les Sources de l'Info - 11/05/2012Ne les oublions pas ! - Les Sources de l'Info - 04/03/2012Tribune Libre, Votre Opinion - Les Sources de l'Info - 28/04/2012Nous les suivons ! - Les Sources de l'Info - 21/09/2011
vers les Conseils Regionaux
les Institutions d'Outre-Mer
|
||




