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La grande bleue lave plus blanc



La grande bleue lave plus blanc
par Olivier Cabanel -
Notre Méditerranée dont la couleur à inspiré tant de chansons, est en train de vivre un des plus cruels épisodes de son existence.
Scène étrange filmée au bord de la grande bleue : une lavandière, fichu retenant les cheveux, est accroupie au bord de la plage, son panier de linge à coté d'elle, la planche à laver plongée dans la mer, frotte énergiquement son linge à grand renfort d'une mousse blanche, présente à perte de vue sur le bord du littoral.
Au promeneur qui s'en étonne, elle répond : « non, non, cette mousse, ce n'est pas moi qui l'ait fait, elle est là depuis longtemps, et j'en profite pour laver gratuitement mon linge ».

Bien sur cette scène est « jouée », pour les besoins d'un film, et la blanchisseuse est une comédienne, mais pourtant, elle pourrait arriver demain, car la mousse elle, est bien réelle, et vient des détergents de nos lessives.

S'il faut en croire le professeur Henry Augier (et bien d'autres scientifiques), ex directeur du laboratoire de biologie marine fondamentale et appliquée, ex directeur du CERIMER, puisque retraité aujourd'hui, les tensio-actifs, c' est à dire les détergents de nos lessives (qui sont des hydro-carbures, comme chacun ne sait pas), se sont tellement accumulés au cours des dernières decennies, que la faune et la flore marine et littorale, sont en train de dépérir.
Tout y passe, le Pin, le Chêne vert, le Laurier rose et le Laurier noble, le Troëne, etc.. sont tant agressés par ces détergents qu'ils disparaissent lentement.

Et dans la mer ce n'est pas mieux, cette pollution touche le plancton, les algues, les poissons, les coquillages, et la célèbre posidonie.
Cette dernière disparition pourrait poser un gros problème au tourisme local, car outre le fait que la posidonie abrite et nourrit de nombreuses espèces marines, elle a une autre utilité.

Ces rhyzomes plongeant profondemment dans le sable fixent le sable de nos plages.
Si la Posidonie disparaît, le sable des plages glissera doucement vers le fond, et les dites plages rétréciront comme peau de chagrin, diminuant d'autant les touristes venus se bronzer.
Le professeur Augier a constaté déjà ce phénomène aux Saintes Maries de la Mer.
Pour l'instant, les municipalités ont trouvé une parade : dès que la saison est finie, ils vont puiser le sable dans les ports en train de s'ensabler, et entassent ce sable sur les plages en gros tas, lequel sera réparti sur la surface des plages dès les premiers beaux jours.

Mais on peut s'interroger aussi sur les conséquences de ces tensio-actifs sur nos propres poumons, car s'ils sont capables d'agresser les branchies des poissons, pourquoi ne seraient-ils pas capables de menacer notre propre santé ?
Il faudrait pour le prouver déclencher une enquête épidémiologique, mais cela n'est pas à l'ordre du jour.
Ce problème abordé il y a quelques années devant dominique Voynet, alors Ministre, a amené un grand sourire hilare sur sa façe toute ronde.

Les solutions passant par les stations d'épuration, même les plus perfectionnées, ne seront pas totalement efficace, d'après Gérard Monnier Desombes, ex député écologique européen, et chercheur ayant travaillé longuement sur ce problème.
Il pense, comme d'ailleur Henry Augier, qu'il serait bien plus intelligent d'empêcher la pollution à la source, puisqu'aujourd'hui on sait faire des lessives avec des tensio-actifs « mous », c'est à dire d'origine naturelle, et totalement bio dégradables, mais pour cela, il faudrait qu'un règlement européen soit voté et appliqué, et cela n'est pas à l'ordre du jour.

Alors comme disait un vieil ami africain :
« on peut tout sonder, sauf le silence d'un homme ».

Jeudi 31 Janvier 2008
olivier.cabanel@yahoo.fr

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