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La Maison des Artistes : un racket d'état ?



J’ai ouvert ma galerie d’art début 2009, aux prémices de la crise économique, avec l’ambition folle de présenter, promouvoir et défendre quelques artistes émergents qui me semblent mériter que j’investisse et que je me batte pour faire connaître leur talent.

Je suis, après plus de cinq années d’activité soutenue, encore en phase d’investissement, ce qui veut dire en langage précieux que, bien que je ne perçoive aucun revenu, je perds chaque année de l’argent, puisant sur mes réserves personnelles, espérant arriver à l’équilibre financier avant de ne plus pouvoir investir, voire à quelques bénéfices, afin de me rémunérer enfin ne serait-ce qu’un peu…

En 2010, la Maison des Artistes, créée en 1952 par des artistes dans un esprit de solidarité, agréée depuis 1965 par l’Etat pour gérer la sécurité sociale des artistes graphistes et plasticiens, et qui se définit elle-même sur son site comme étant « pour les artistes plasticiens un lieu d’identité professionnelle »car « La Maison des Artistes édite une carte d’adhérent. Véritable carte d’identité de l’artiste, elle valorise sa professionnalité auprès des lieux d’exposition nationaux et régionaux, des fournisseurs de matériel beaux-arts, de prestataires spécialisés, des organismes sociaux et fiscaux, … », (Mazette ! vous verrez en lisant la suite que l’artiste qui leur a dessiné ladite carte a dû leur coûter très cher…) la Maison des Artistes, donc, me « tombe dessus », en me réclamant des sommes incroyables.

Renseignements pris, mon interlocuteur à la Maison des Artistes m’apprend que je suis taxée par la maison des artistes pour toute vente. Même pour une œuvre d’un artiste qui n’est pas inscrit à la Maison des Artistes. Même pour une œuvre d’un artiste étranger. Même pour une œuvre d’un artiste mort. André Malraux, qui a institutionnalisé la Maison des Artistes, a sans doute, dans son idéalisme, imaginé une grande solidarité planétaire et Trans générationnelle au secours des pauvres artistes français. Qui paie ? L’artiste, et nombre d’artistes refusent d’adhérer à la Maison des Artistes, estimant que cet organisme les rackette indûment, mais je n’ai pas à m’exprimer sur le sujet, n’étant pas artiste moi-même. Mais aussi le galeriste, largement mis à contribution, par versement d’un pourcentage de son chiffre d’affaires. Ceci en plus bien sûr de la TVA et de l’imposition sur les sociétés. Soit ! Contribuer à la Maison des Artistes en plus du reste, même sur des artistes étrangers, soit ! même sur des artistes morts, soit ! Mais la Maison des Artistes ne s’arrête pas là. Elle ne me demande pas de cotiser sur mes ventes réelles, mais sur une estimation qu’elle fait elle-même de ce qu’elle prétend devoir être mon chiffre d’affaires. En ce qui concerne ma galerie, dont le chiffre d’affaires est inférieur à 100 000 euros annuels, elle l’estime à 1 500 000 euros, me demandant donc 15 fois le montant de la contribution réellement due. Et le même interlocuteur de la Maison des Artistes de m’expliquer qu’ils font une moyenne du chiffre d’affaire des galeries parisiennes, qui les mène à cette somme utilisée comme base pour me demander cette contribution plus que substantielle. Perrotin (que j’admire et respecte) et Ze Art Galerie soumis à la même contribution ? Absurde et intolérable.

Et comment la Maison des Artistes me demande-t-elle cette contribution? Directement par voie d’huissier ! L’Etude Piquet et Molitor, rue de Grenelle à Paris, qui s’est récemment vu confier la mission d’effectuer ces recouvrements, est plus que surprise par ce que lui disent les galeries auprès desquelles elle est chargée de recouvrer ces sommes délirantes et indues, calculées sur une estimation totalement fantaisiste et non pas sur chiffres réels, et pour tous types d’œuvres, y compris des objets anthropologiques...

Ma comptable et moi-même avons à de nombreuses reprises au cours des deux dernières années essayé d’obtenir auprès de la Maison des Artistes le formulaire de déclaration afin de pouvoir déclarer mes ventes réelles, sans parvenir à le recevoir. La Maison des Artistes trouve plus pratique d’être injoignable, de ne pas étudier de dossier réel, de faire une « estimation » des chiffres d’affaires, et de confier directement à un huissier le recouvrement de ces sommes calculées au doigt très mouillé… A qui cela profite-t-il ? Qui sont ces fonctionnaires de la Maison des Artistes ? Combien sont-ils ? Quelle est leur rémunération ? D’autres que moi se posent la question, à telle enseigne que la légitimité de la Maison des Artistes est remise en cause, et qu’il est question de mettre les Artistes au même régime Urssaf que le reste de la population. La Maison des Artistes s’en offusque sur son site en ces termes :

« La création d’une caisse unique conduirait inéluctablement à un traitement des dossiers et à une gestion globale sans « humanité » dans laquelle l’accueil, l’écoute, l’information seront mis au second plan. » Ah, bon ? Parce que pour le moment les dossiers sont traités avec humanité, l’accueil, l’écoute et l’information seraient au premier plan ? Personnellement, je ne l’avais pas remarqué !

Laetitia Crahay-Tyl,
Gérante
-> Ze Art Galerie

-> La Maison des Artistes
Mercredi 22 Octobre 2014
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