Des objectifs ambitieux
Les émissions des six principaux gaz à effet de serre (GES) sont à peu près stables : elles sont inférieures aux objectifs du protocole de Kyoto depuis 2000. Premier émetteur de GES, les transports voient, après une longue période de croissance, leurs émissions se stabiliser depuis 2002. Celles de l'habitat ne cessent d'augmenter. Pour diviser par 4 les émissions de GES d'ici 2050, des baisses substantielles sont attendues de la part des transports et de l'habitat.La consommation d'énergie finale est quasiment stable depuis cinq ans. Premier consommateur de produits pétroliers, les transports voient leur consommation de carburants diminuer pour la première fois depuis le premier choc pétrolier. Les causes : hausse du prix du carburant, ralentissement de la croissance de la circulation routière, baisse de la consommation des véhicules et limitation des vitesses.
13% de la production d'énergie primaire sont d'origine renouvelable (2004) : 1/3 est de l'électricité fournie à 90% par l'hydraulique, 2/3 sont thermiques (bois-énergie, biocarburants, pompe à chaleur, déchets urbains). La France a le deuxième gisement éolien d'Europe mais sa production, bien qu'en hausse de 61% en 2005, reste encore marginale. Les cultures énergétiques, qui couvraient 300 000 ha en 2004, devraient être multipliées par sept d'ici 2010. Cette dynamique est nécessaire pour atteindre les objectifs fixés par l'Europe : produire en 2010 à partir d'énergies renouvelables 10% de ses besoins énergétiques contre 6% en 2005 et 21% de sa consommation d'électricité contre 11% en 2005.
Entre progrès et problèmes émergeants
Les pollutions liées aux transports restent préoccupantes. Les concentrations de particules fines (les plus dangereuses pour la santé) et celles d'oxydes d'azote et les composés organiques volatils (tous deux précurseurs de l'ozone) demeurent élevées dans l'air des agglomérations à proximité des axes de circulation. Néanmoins, la qualité de l'air des grandes et moyennes agglomérations (mesurée par un indice prenant en compte le SO2, NO2, l'ozone et les particules) s'est améliorée ces quatre dernières années grâce au renouvellement du parc automobile et à la généralisation du pot catalytique.
Les mutations industrielles et les progrès technologiques ont contribué à limiter les rejets de l'industrie et sa consommation de ressources. Ses prélèvements en eau diminuent régulièrement depuis trois décennies. La quantité de déchets non dangereux qu'elle produit est en voie de stabilisation. Ses émissions d'oxyde d'azote ont diminué de plus de moitié en 30 ans. Celles de dioxyde de soufre de plus de 87% mais peuvent être encore élevées près de certains sites. Aujourd'hui, la gestion environnementale se joue d'abord au niveau du site mais passe aussi par la baisse des impacts à tous les stades du cycle de vie du produit.
L'agriculture évolue. Les agriculteurs fractionnent de plus en plus les apports d'intrants afin de mieux adapter les besoins aux cultures. Depuis 1994, les doses d'engrais minéral azoté appliquées à l'hectare sont stables et celles de produits de protection des plantes diminuent. Ce changement de pratiques commence à porter ses fruits : pour la première fois après trente ans de dégradation, les nitrates semblent globalement en voie de stabilisation dans les cours d'eau mais cette amélioration ne s'est pas encore répercutée dans les eaux souterraines. Les pesticides restent présents dans la plupart des cours d'eau et dans une grande partie des nappes. La pression de l'irrigation sur la ressource peut être localement importante.
Les ménages exercent aussi une pression sur l'environnement. Un Français produit chaque année 353 kg de déchets. Cette quantité, auparavant en forte hausse, semble en voie de stabilisation depuis trois ans. La mobilité des ménages reste élevée : les 4/5 des déplacements s'effectuent en voiture particulière. 22% des Français (2004) placent l'environnement en tête de leurs préoccupations mais leurs pratiques restent en décalage avec leur sensibilité environnementale.
De nouveaux polluants, encore peu mesurés, apparaissent : pollution de l'air à l'intérieur des locaux (benzène, toluène, ...), présence de produits phytosanitaires dans l'air en limite des zones urbaines, contamination des eaux continentales par de nouveaux micro-polluants provenant des stations d'épuration des agglomérations (médicaments, cosmétiques, …) ou de rejets industriels (dioxine, composés bromés, …).
Des enjeux
La richesse de la biodiversité française est d'importance mondiale mais des espèces animales et végétales sont menacées. Des espèces, hier banales, pourraient devenir rares : les populations d'oiseaux communs du milieu agricole ont reculé de 27% ces quinze dernières années. Des espèces prolifèrent : les effectifs de cerfs ont triplé en quinze ans. Des stocks de poissons sont en danger du fait des prélèvements. La stratégie nationale de la biodiversité (2004) s'est fixée l'objectif de stopper l'érosion de sa biodiversité d'ici 2010 : dans ce cadre, dix plans d'actions ont déjà été adoptés. En 2006, le réseau Natura 2000 a été achevé et une nouvelle loi sur les parcs nationaux, qui accroît le rôle des élus locaux et autorise la création de parcs marins, a été votée.
La consommation d'espace se poursuit : les zones artificielles couvrent 8% (2003) du territoire contre 7% dix ans auparavant. Chaque année 60 000 hectares, pour l'essentiel des terres agricoles, sont grignotées par l'artificialisation. L'urbanisation gagne l'arrière pays littoral et le paysage se mite aux abords des agglomérations.
voir le rapport 2006, les synthéses, les diaporama et présentations animées
vers les précédents rapports de l'IFEN sur l'état de l'environnement en France
vers le site de l'IFEN