Une poignée de militants écologistes, dont j'étais, est à l'origine de la création de la première centrale photovoltaïque reliée au réseau en France
C'était en 1992, et notre but était de démontrer que le nucléaire n'était pas un choix inévitable.
Nous avions rencontré Max Schneider, élu genevois, qui avait lancé un concept assez original : il vendait des petites voitures sans permis, avec la station solaire qui allait avec.
La centrale solaire dont nous mîmes le projet au point gràce à lui faisait une douzaine de m2.
Elle était complétée par un onduleur, afin de produire du courant compatible avec le réseau EDF, et d'éviter de stocker l'énergie dans des batteries.
Notre projet coûtait environ 100 000 francs, dont nous n'avions pas le moindre centime.
Nous avons donc réalisé une plaquette d'information, et proposé à un réseau de militants ecologistes d'acquérir des parts indivisibles de cette centrale.
En peu de temps, nous avions la somme espérée, et quelques mois après, nous inaugurions la première centrale photovoltaïque reliée au réseau.
Comme le compteur de la centrale pouvait tourner dans les deux sens, lorsque l'utilisateur ne consommait pas l'énergie produite, celle-ci était renvoyée automatiquement sur le réseau, au grand dam d'EDF, obligée de racheter cette énergie au même prix qu'elle vendait la sienne.
EDF a fait un proces qu'elle a perdu.
De plus, pour encourager cette production d'énergie propre, le prix du kilowatt solaire a été fixé plus haut que celui du kilowatt nucléaire.
Cette installation est à L'Huis, dans l'Ain, chez un militant anti-nucléaire, Georges David, pas loin de l'ex-centrale de Malville.
Message clair, David plus fort que Goliath.
A la suite de notre action, une entreprise s'est crée et a proposé ce type d'installation à des prix très intéressants, car le gouvernement d'alors proposait des subventions rendant l'accès au photovoltaïque plus abordable pour tous.
Depuis 2005 ces subventions ont été remplacées par des réductions d'impots, ( bénéfice de crédit d'impôt : 50% des 50% du coût du projet) limitant le financement aux plus aisés.
Bien sur, il est évident qu'en terme de prix, de rendement, ce n'est pas une énergie compétitive. Mais lorsque l'on compare les prix, il ne faut pas en rester au simple prix du kilowatt, et en faire le bilan écologique.
Quel est le prix d'un cancer ?
Quel sera le prix du traitement des déchets radioactifs quand nos ingénieurs auront trouvé enfin une solution ?
Quel est le prix du démantelement d'une centrale nucléaire ?
Il faut aussi comparer la durée de vie de la centrale photovoltaïque, avec celui de la durée de vie d'une centrale nucléaire. (35 ans).
Au bout de 35 ans, pour le photovoltaique, on peut assister tout au plus à un léger ternissement du verre, ce qui diminue légèrement le rendement.
De plus, cette installation est totalement recyclable.
On ne peut pas en dire autant du nucléaire pour lequel, au bout de 35 ans, il faut sérieusement envisager le démantèlement ou engager des frais de remise en état très élevés : à quel prix ?
Le solaire thermique et photovoltaïque représente 14% de la production énergétique en Allemagne : en appliquant ce pourcentage chez nous, notre potentiel serait de près de 40 MTEP, soit le 1/7 de nos besoins.
Comme disait un vieil ami africain :
« Tout à une fin, sauf la banane qui en a deux ».
Alors à quand la fin du nucléaire puisqu'en additionnant le potentiel des énergies renouvelables possibles, on peut se passer du pétrole et du nucléaire.