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L'agriculture, la réduction de la pauvreté et les écosystèmes forestiers tropicaux sont-ils inconciliables?

La banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de co2 pour sauver les forêts tropicales



L'agriculture, la réduction de la pauvreté et les écosystèmes forestiers tropicaux sont-ils inconciliables?
Pour préserver les forêts tropicales dont la surface diminue rapidement, et pour améliorer les perspectives économiques de millions de pauvres gens, il faut renforcer au plus tôt la gestion forestière dans les différents pays concernés. Pour le nouveau rapport de recherche de la Banque Mondiale intitulé " l'expansion de l'agriculture, la réduction de la pauvreté et les écosystèmes forestiers tropicaux sont-ils inconciliables ? " ce renforcement va exiger des incitations financières fortes.
La plupart des habitants du monde rural dans les régions tropicales — environ 800 millions — vivent en périphérie de forêts ou de régions boisées vulnérables, voire dans la forêt elle-même, et cette dernière est essentielle à leur survie. Pourtant, la déforestation qui progresse au rythme de 5% par décennie est en train d'épuiser inexorablement ce réservoir de ressources, est responsable de 20% des émissions annuelles totales de CO2 et menace sérieusement la biodiversité.

« Le financement au niveau mondial des projets relatifs à la réduction des émissions de C02, ce qu'on appelle souvent le marché du carbone, peut constituer un stimulant puissant pour endiguer la déforestation», explique François Bourguignon de la Banque mondiale, Premier Vice-président, Économie du développement et économiste en chef. « Rémunérer les efforts pour éviter la déforestation pourrait aider les pays en développement à améliorer la gestion de leurs forêts et accroître les revenus en milieu rural. Et en même temps, cela pourrait aider l'ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique.
En Amérique Latine, la forêt tropicale dense est souvent défrichée pour en faire des terrains de pâturages dont la valeur dépasse à peine 300 dollars EU à l'hectare mais qui rejettent des quantités importantes de CO2. En Afrique et en Asie, la déforestation est tout aussi improductive. La valeur de ces forêts pourrait être cinq fois supérieure si elles étaient préservées et servaient à stocker le CO2 plutôt que défrichées et brûlées. Si les pays en développement pouvaient tirer parti de cette valeur, ils pourraient alors encourager une agriculture plus productive dans les zones dégradées tout en préservant l'utilité environnementale des forêts.
Les marchés carbone actuels n'exploitent que très peu les bénéfices potentiels du C02 lié aux forêts. Le rapport examine les obstacles qui freinent l'utilisation leur utilisation comme instruments de réduction de la déforestation et propose des solutions possiblesLe rapport comprend un cadre simple pour analyser les politiques en identifiant trois catégories de forêts-les zones frontières ou faisant l'objet de litiges, les terres situées au-delà des grandes régions agricoles et les « terres-mosaïque » où coexistent l'agriculture et la forêt. Le rapport réunit, pour chaque catégorie, des informations économiques et géographiques qui pourront servir de base à la formulation de politiques forestières visant à réduire la pauvreté.
Pour chaque catégorie de forêts, le rapport dégage des priorités distinctes au sein desquelles les incitations à la déforestation, l'isolement des zones, les droits forestiers et l'environnement interagissent de façon différente.

voir la synthèse du rapport en français
voir le rapport de la Banque Mondiale en anglais
voir les cartes et graphiques du rapport

Jeudi 02 Novembre 2006

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