Les Sources de l'Info ... pour un développement humain durable

Les Sources de l'Info ... l'Information est nôtre, l'Opinion est vôtre .......... " Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays"... JFK

Mardi 22 Mai 2012
22:02






Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte

Déclaration universelle des droits de l'homme ; 60e anniversaire



Le 10 décembre 1948 à Paris, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme. Un texte précisant les droits humains fondamentaux, sans véritable portée juridique et dont John Peters Humphrey, Eleanor Roosevelt et René Cassin furent les principaux auteurs.
La Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU en 1948, inspirée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est la conséquence directe du second conflit mondial. Composé de trente articles, elle énonce les droits fondamentaux de l’individu et leur reconnaissance et leur respect par la loi.
Le texte comprend aussi un préambule de huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques.

Historique

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme prend ses racines dans la deuxième guerre mondiale et « la révulsion universelle face aux crimes du national-socialisme hitlérien ». La Charte de l’Atlantique proclamée par Roosevelt et Churchill en 1941 qui définissait le programme de paix des Alliés face aux Puissances de l’Axe en reprenant les "quatre libertés" définies par le président Roosevelt (individuelle, pensée et de religion, économique, et sécurité) a servi de fondation à son élaboration. Dès cette année, René Cassin, commissaire national de la France Libre déclara que "la consécration pratique des libertés essentielles de l’homme était indispensable à l’établissement d’une paix internationale véritable ».
A l'origine, 48 États sur les 56 participants adoptent cette charte universelle. Aucun État ne se prononce contre et seuls huit se s’abstiennent. Parmi ceux-ci, l'Afrique du Sud de l’apartheid refuse l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de naissance ou de race ; l’Arabie saoudite conteste l’égalité homme- femme. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et l'Union soviétique (Russie, Ukraine, Biélorussie), s'abstiennent, quant à eux, prenant prétexte d’un désaccord concernant la définition du principe fondamental d’universalité tel qu'il est énoncé. Enfin, 2 États, le Yémen et le Honduras n’ont pas pris part au vote.

Sans portée juridique, mais…

Après avoir voté la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui n'a qu'une valeur déclarative, et ne crée donc pas d'obligations juridiques, l'Assemblée générale a souhaité une Charte des droits de l'homme qui aurait force obligatoire.
Après la création d'une Commission des droits de l'homme chargée de la rédiger, le projet a abouti après de longues négociations dans le contexte de la guerre froide avec deux textes complémentaires qui sont le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Mais la grande innovation réside dans le fait d’avoir introduit le principe du recours individuel contre un Etat en cas de violation des droits fondamentaux. On dispose ainsi en à Strasbourg, depuis 1998, d’une Cour européenne des droits de l’homme permanente qui garantit un droit de recours individuel à plus de 800 millions d’Européens.

Un idéal

Mireille Delmas-Marty, Professeur à l’université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, analyse la portée et l’avenir de la DUDH (http://www.diplomatie.gouv.fr/). Si, affirme-t-elle, l’universalité des droits de l’Homme est encore pour l’essentiel à construire ; le processus ne se fera pas d’une manière homogène, car plutôt que l’unification, elle suggère l’harmonisation des systèmes de droit, dans la mesure où des différences sont admises […] à condition d’être compatibles avec les principes fondateurs communs. Admettre des différences, c’est reconnaître que la perception des droits de l’Homme peut être conditionnée par l’Histoire et par divers facteurs d’ordre politique.
Cependant des risques d’éclatement apparaissent en particulier « lorsqu’un Etat, qui paraît jouer le jeu en ratifiant le texte international, utilise de façon abusive la technique des « réserves » pour en réalité nationaliser le texte. Façon de refuser l’internationalisation et de revenir au traditionnel « chacun chez soi ».
La différence dans l’utilisation (ou non) de la DUDH tient sans doute aux mécanismes de contrôle, car cest le véritable test de la volonté politique des Etats d’assurer, par-delà l’effet d’affichage d’une liste de droits, l’efficacité d’un système de protection.
« Il n’y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l’Homme seront violés en quelque partie du monde », René Cassin

Commémorations et symboles

Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangère souligne qu’ « A l’heure où nous célébrons son soixantième anniversaire, nous sommes partagés entre l’envie de nous réjouir des immenses progrès réalisés sur la base de la Déclaration, et de louer leurs auteurs, et la conscience lucide et inquiète de l’ampleur des efforts encore à accomplir. Les mots justes doivent célébrer le bilan, mais aussi rassembler les volontés, toutes les volontés, pour les combats à venir.»
A l'occasion du 60ème anniversaire de la déclaration, plusieurs pays européens ont ou vont sortir une pièce commémorative de 2 euros. De plus, une copie de la Déclaration a été envoyée, le 14 novembre 2008, à la Station Spatiale Internationale, dans le module européen Colombus. "Au moment où l'universalité des droits est remise en cause sur Terre, quel meilleur symbole que cette Déclaration placée au-dessus de l'humanité ?" a déclaré à cette occasion François Zimeray, ambassadeur pour les Droits de l’Homme.

A noter
Le 6 décembre, le gouvernement français célèbre le 60ème anniversaire de la DUDH en présence des prix Nobel Desmond Tutu, Jimmy Carter et Kofi Annan. Duplex en liaison avec la Station spatiale internationale pour visualiser la Déclaration à bord.
Le 10 décembre, journée portes ouvertes au Quai d’Orsay, avecexposition d’archives et table-rondes sur les droits de l’Homme, regroupant historiens et diplomates: « 1948 : Quand la diplomatie rejoint l’idéal ».

La Déclaration

La Déclaration a été traduite dans environ 360 langues. Elle a été la première reconnaissance internationale des libertés et des droits fondamentaux de tous les êtres humains
Si la Déclaration de 1948 s’inscrit dans la ligne de celle de 1789, dont les principes les plus universels (liberté, égalité, fraternité) se trouvent dans l’article premier du texte de 1948 qui déclare que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité, l’article 29 souligne en contrepoids évident les « devoirs de l’individu envers la communauté ».

Ses principaux auteurs
Eleanor Roosevelt, épouse de Franklin Delano Roosevelt et « première dame » des États-Unis de 1933 à 1945, fut la première à rendre ce rôle actif.
John Peters Humphrey, décédé en 1995 était un avocat canadien.
René Cassin, professeur de droit français, prix Nobel de la Paix en 1968, est mort en 1976

Pour en savoir plus

Mercredi 10 Décembre 2008
contact@evenemonde.info


Dans la même rubrique (pour afficher tous les résumés, cliquez sur le titre grisé du chapitre au-dessus du titre)
1 2 3