Soumis à une règlementation copiée par de nombreux pays à travers le monde mais dont l’application demeure imparfaite : le parc français des barrages a été récemment évalué à 744 ouvrages de plus de 10 mètres de haut et plusieurs milliers d’ouvrages de taille inférieure ! On dénombre 296 barrages de plus de 20 mètres de haut et 448 barrages compris entre 10 et 20 mètres. Parmi ces 296 barrages, il convient encore de distinguer les 99 ouvrages – dont 25 non hydroélectriques – ayant plus de 20 mètres de hauteur et une capacité de stockage supérieure à 15 millions de mètres cubes.
Au regard de l’énergie destructrice libérée en cas de rupture et des enjeux humains et économiques situés à l’aval, ces ouvrages nécessitent un entretien, une surveillance et un contrôle rigoureux.
La probabilité de rupture d’un barrage peut être considérée comme relativement faible, mais ce risque ne peut être négligé au regard des conséquences potentielles d’un tel évènement. Au cours du dernier siècle, on estime que près de 1% des grands barrages se sont rompus, dont celui de Malpasset à Fréjus, le 2 décembre 1959, qui fit 423 victimes. Depuis cette date, la politique de sécurité des barrages en France a été essentiellement fondée, d’une part sur un contrôle individuel par l’administration des plus hauts barrages (plus de 20 m) et des barrages intéressant particulièrement la sécurité publique et, d’autre part sur la responsabilisation des maîtres d’ouvrages....
Un décret récent, décembre 2007, vient mettre de l’ordre dans le foisonnement. Désormais, les ouvrages doivent être recensés d’après 4 classes dont les critères sont déterminés par un savant calcul qui tient compte de la hauteur, de l’importance de la retenue et de quelques autres paramètres dont votre rapporteur regrette que l’environnement immédiat des ouvrages n’y prenne pas une place plus importante.
Si l’ordre administratif règne désormais, sur le « terrain » certains évoquent les difficultés d’application, notamment avec la dernière classe, la D, dont on peut redouter qu’elle soit le « fourre tout » des ouvrages. Malgré l’extrême jeunesse de ce texte, né durant l’élaboration de ce rapport, il a donc fallu à votre rapporteur « revisité » sa mise en œuvre et ses premières applications. Et ce qui n’est déjà pas aisé avec les barrages l’est moins encore avec les digues.
Et puis, il est essentiel pour un tel rapport de se persuader que, malgré surveillance et contrôle, un barrage est un ouvrage à risque. Il peut affronter :
• des crues, ce qui implique pour des ouvrages en béton de dimensionner l’ouvrage pour une crue millénaire et pour les ouvrages en remblai de terre pour une crue déca millénaire ;
• des accidents de terrain, mouvements ou glissements : le problème de l’ancrage du barrage reste particulièrement sensible en fonction de la nature de la roche ;
• des séismes, le séisme de référence étant de 3,5 degrés de magnitude. Et votre rapporteur, élu d’une région sismique, auteur pour l’Office Parlementaire, d’un rapport sur la prévention sismique, est particulièrement sensibilisé à cette problématique.
• ... le vieillissement des bétons et celui des organes métalliques..... "
-> Amélioration de la sécurité des barrages et ouvrages hydrauliques
Rapport de l'OPECST No 454 (2007-2008) - par M. Christian KERT, député de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques