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Allemagne : reconnaissance symbolique pour 1,66 million d'anciens travailleurs forcés



Allemagne : reconnaissance symbolique pour 1,66 million d'anciens travailleurs forcés
Longtemps "oubliés" de l'histoire, plus de 1,66 million d'anciens travailleurs forcés sont désormais reconnus symboliquement comme victimes du national-socialisme. C'est le chiffre définitif, après la cessation officielle, hier, du versement des indemnisations par la fondation "Mémoire, responsabilité et avenir". En sept ans, plus de 4,37 milliards d'euros d'indemnités ont été acquittés par l'Etat et les entreprises allemandes à travers un fonds commun créé en 2001. Le président allemand Horst Köhler a rendu hommage à la douleur longtemps ignorée des anciens travailleurs forcés. L'indemnisation est "un dédommagement matériel symbolique" qui exprime la "reconnaissance officielle de leur destin de victime du national-socialisme", a-t-il affirmé hier lors d'une cérémonie au château de Bellevue, à Berlin.
"A l'époque de la domination nazie en Europe, les populations des pays occupés n'ont pas seulement été soumises à la terreur pour des motifs idéologiques et racistes. Elles ont aussi été pillées économiquement", a rappelé M. Köhler. L'Allemagne nazie a eu recours à des travailleurs forcés dans presque tous les secteurs économiques, de l'industrie à l'agriculture en passant par les hôpitaux et les institutions sociales.

"On ne peut, certes, réparer la souffrance. Les victimes de crimes ne peuvent pas vraiment être 'dédommagées' par de l'argent", a concédé le président allemand. Mais "les prestations versées par la fondation ont néanmoins contribué à ce que la souffrance soit reconnue comme telle, et à ce que la culpabilité et la responsabilité trouvent une expression sensible sur le plan matériel".
"Dans la mesure où leur droit à une indemnisation était rejeté, leur souffrance n'était, en pratique, pas non plus reconnue comme souffrance", a expliqué le président. Les anciens travailleurs forcés, Polonais, Tchèques, citoyens des anciennes républiques soviétiques mais aussi Français, pouvaient présenter des demandes jusqu'en décembre 2006. Ils pouvaient recevoir jusqu'à 7670 euros, à condition de renoncer à tout autre paiement de la part de l'Etat fédéral et des entreprises allemandes. A la base de ces versements, figurait un traité gouvernemental signé en 2000 entre l'Allemagne et les Etats-Unis. Au lendemain de l'unification allemande, des avocats aux Etats-Unis avaient rassemblé des plaintes d'anciennes victimes de l'Holocauste, avant d'attaquer sans succès des banques et assurances.

Lundi 18 Juin 2007
Ambassade d'Allemagne en France

Actualité de l'Ethique