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85% des français pour l’interdiction du commerce de l’ivoire



Selon un sondage* IPSOS, 85% des français interrogés considèrent que la France devrait soutenir à la Conférence des Parties de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), qui se tiendra à La Haye du 3 au 15 juin 2007, la proposition soumise par le Kenya et le Mali d’un moratoire de 20 ans sur le commerce de l’ivoire brut et travaillé.

A ce jour, en dépit de l’absence d’intérêts commerciaux, en dépit des arguments présentés à Paris par une délégation africaine emmenée par le Kenya et le Mali le 24 avril dernier, en dépit des recommandations des experts scientifiques du Muséum National d’Histoire Naturelle (autorité scientifique CITES française) qui recommandent un moratoire d’au moins 10 ans sur le commerce de l’ivoire, la France s’oppose au soutien de ce moratoire et refuse de se faire l’écho de cette initiative africaine, auprès de ses homologues européens.
Cette position de la France est en rupture totale avec les engagements passés en faveur de la conservation de cette ressource naturelle unique qu’est l’éléphant. IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org ) demande à la France dans une lettre adressée au premier ministre François Fillon de revoir sa position afin qu’elle soit plus conforme à la réalité des faits.
Les faits, ce sont plus de 20 000 éléphants victimes chaque année du braconnage auxquels il faut hélas ajouter une centaine de gardes qui paient de leur vie leur engagement pour la conservation du patrimoine naturel de l’Afrique. C’est le déclin des populations d’éléphants notamment celles d’Afrique occidentale et centrale, qui sont de plus en plus vulnérables car fragmentées et isolées. Au Sénégal, par exemple, dix éléphants seulement subsistent, on en comptait 200 à 300 en 1972.

Toute réouverture même partielle du commerce de l’ivoire, telle que demandée par le Botswana et la Namibie, sera un feu vert envoyé aux braconniers et trafiquants des réseaux de crime organisé. Cette décision condamnerait définitivement les populations d’éléphants tant d’Afrique que d’Asie.
Dans un appel au ministre de L’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables Alain Juppé, la chargée de campagne d’IFAW-France Celine Sissler-Bienvenu déclare : « La France ne peut, aujourd’hui, abandonner cette volonté africaine soutenue par un grand nombre de pays tiers. Sa position est incompréhensible et paradoxale au regard des fonds investis en Afrique via le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) pour assurer la sauvegarde de la biodiversité et le maintien des écosystèmes. »

Gageons que l’opinion des français exprimée dans ce sondage IPSOS influera la décision que prendra la France auprès de l’Union Européenne et permettra l’adoption à La Haye de la proposition du Kenya et du Mali d’un moratoire de 20 ans sur le commerce de l’ivoire.
Pour plus d’informations sur les conditions des éléphants et les campagnes de IFAW, consultez notre site : http://www.ifaw.org

* Sondage réalisé au téléphone par IPSOS en France du 7 au 10 avril 2007 auprès d’un échantillon représentatif de 1013 personnes.

Information soumise par le signataire

Jeudi 31 Mai 2007
bernard.derty@wanadoo.fr

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