La réflexion sur la relation entre activités humaines et écosystèmes, ne date pas d'aujourd'hui, elle était déjà présente dans les philosophies grecques et romaines, mais ne trouve cependant qu'un début de réponse qu'après la deuxième guerre mondiale pour se traduire progressivement en concept de développement durable.
Quelques dates repères :
- 1951, l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) publie le premier Rapport sur l'Etat de l'Environnement dans le Monde, rapport précurseur dans sa recherche de réconciliation entre économie et écologie.
- 1970, le Club de Rome lance un pavé dans la marre en publiant Halte à la croissance. Face au danger que représente une croissance économique et démographique exponentielle du point de vue de l'épuisement des ressources, et de la surexploitation des systèmes naturels et de la pollution, cette association prone la croissance zéro. Le développement économique est alors présenté comme incompatible avec la protection de la planète à long terme.
- 1972, A la veille de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement humain de Stockholm, le concept d'écodéveloppement se construit comme un moyen de réconcilier indissociablement le développement humain et l'environnement, affirmant la nécessité de remettre en cause les modes de développement du Nord et du Sud, générateurs de pauvreté et de dégradations environnementales. La Conférence aboutit à la création du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), complément du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
- Dans les années 80, le public découvre l'existence de pollutions dépassant les frontières, et de dérèglements globaux, tels que le " trou " dans la couche d'ozone, les pluies acides, la désertification, l'effet de serre, la déforestation. L'exigence d'une solidarité planétaire en matière d'environnement se construit.
- 1980, l'UICN parle pour la première fois de Sustainable Development dans son rapport sur la Stratégie Mondiale de la Conservation, successivement traduit en français par ‘développement soutenable' puis ‘développement durable' ou ‘développement viable', mais le terme passe presque inaperçu
- 1987, la publication du rapport Notre Avenir à tous de la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement (Commission dite Brundtland, du nom de Mme Gro Harlem Brundtland qui l'a présidée) consacre le terme de "Sustainable Development" et le définit comme :
“ un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ”.
- 1992, la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED, ou sommet de la planète Terre) à Rio de Janeiro, le développement durable y est consacré par 182 Etats
- 1993, La Conférence mondiale sur les droits de l'homme à Vienne insistera sur le droit des populations à un environnement sain et le droit au développement, deux exigences sujettes à controverse et auxquelles certains Etats Membres s'étaient opposés jusqu'au Sommet de Rio.
- 1995, Le Sommet mondial sur le développement social à Copenhague se référera à cette notion de développement durable en en approfondissant le volet social : « la notion de développement social renvoie à une approche intégrant l'économique et le social et à une volonté de valorisation des ressources économiques, sociales, culturelles d'une société, notamment celles des groupes les plus vulnérables »
- 1997 - la conférence de New York (Rio+5, conférence des nations unies sur l'environnement et le développement), l'assemblée générale des nations unies tire un bilan de la mise en œuvre du programme Action 21. Cette conférence représente un constat d'échec relatif. Les chefs d'Etat ne s'entendent pas sur une déclaration politique commune.
- 1997 - le Protocole de Kyoto fixe, aux pays développés, des objectifs chiffrés, juridiquement contraignants, de réduction ou de limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2008-2012 (par rapport à l'année de référence 1990). Le protocole a été ratifié à ce jour par une centaine de pays.
- 2000 - le Sommet de Millénaire, Assemblée des Nations Unies à New York a réuni 147 chefs d'Etat et de gouvernement qui ont adopté la Déclaration du Millénaire. Ils ont décidé notamment "de réduire de moitié, d'ici à 2015, de la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur à un dollar par jour, celles des personnes qui souffrent de la faim". Les pays du sud ont appelé les puissances occidentales à annuler en totalité la dette des pays les plus pauvres.
- 2002 - la conférence de Johannesburg encore dénommée Sommet mondial sur le développement durable (conférence des nations unies sur le développement durable) avait pour objectif de dresser le bilan de la mise en œuvre des engagements de Rio. 180 états étaient présents dont une centaine de chefs d'Etat et de gouvernements. Ils ont signé la déclaration de Johannesburg sur le développement durable et adopté un plan d'application comportant des objectifs, les moyens d'exécution et des calendriers pour mobiliser et assurer un suivi de l'action internationale. Il porte essentiellement sur l'éradication de la pauvreté, la modification des modes de consommation et de production non viables, la protection et la gestion des ressources naturelles aux fins du développement économique et social, le développement durable à l'ère de la mondialisation, la santé, le développement durable des petits Etats insulaires en développement, des initiatives en faveur du développement durable de l'Afrique, des initiatives régionales.